AA - Paris - Bilal Muftuoglu
Le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius a qualifié d''absurde'', la visite des parlementaires français en Syrie et leur rencontre avec le président syrien Bachar al-Assad, tout en affirmant avoir été au courant de cette initiative avant leur départ.
Invité de la chaîne d'information française BFMTV lundi matin, Fabius a condamné la rencontre de la délégation composée du député Jacques Myard (Union pour un Mouvement Populaire, UMP), du sénateur UMP Jean-Pierre Vial, du député du Parti socialiste (PS) Gérard Bapt et du sénateur François Zochetto (Union des Démocrates et Indépendants, UDI).
''Condamnation car il y a une politique de la France, les parlementaires sont libres mais aller servir la soupe à Monsieur Bachar al-Assad, c’est absurde'', a-t-il affirmé.
Selon le ministre français, la relation mutuelle entre l'EIIL et al-Assad serait aussi évidente, dès lors que ''Bachar al-Assad et les terroristes de l'EILL c’est le vers et le revers d’une même médaille, ils se soutiennent les uns les autres'', a-t-il martelé.
Fabius a ainsi relevé que c’est en libérant des prisonniers qu'al-Assad avait encouragé le mouvement terroriste.
''Croire qu’il [al-Assad] est une alternative est complètement absurde'', a-t-il encore insisté.
Le chef de la diplomatie française a fait aussi savoir qu'il était informé de l'initiative des parlementaires même avant leur départ en Syrie. Affirmant ne pas connaître les détails à l'époque, Fabius a tenu à souligner qu'il la désapprouvait dès le départ. Le ministre français a ainsi confirmé en partie les propos du député Bapt qu'il avait prononcés à son retour en France la semaine dernière selon lesquels l'Elysée, le ministère de la Défense, celui de l'Intérieur et et celui des Affaires étrangères auraient été prévenus.
D'autre part, Fabius a condamné l'assassinat de l’opposant et ancien vice-Premier ministre russe Boris Nemtsov dans la nuit de vendredi à samedi à Moscou. Il a appelé à une enquête, du fait que l'affaire ''soulève toute une série de questions''.
''Il ne fait pas bon d'être opposant en Russie'', a déploré le ministre des Affaires étrangères tout en jugeant que les Russes ''feront ce qu'ils souhaitent faire''.
Nemtsov se promenait dans la capitale russe en compagnie d’une jeune femme, lorsqu’il a été attaqué par un inconnu qui l’a visé de six coups de feu. Le ministère public russe a ouvert une enquête sur l’assassinat tout en gardant secrets les détails de l'investigation en vue d’en garantir ''le bon déroulement''.