AA/Tunis/Rachid Jarray
A deux jours du second tour de la présidentielle tunisienne la revendication par l’EIIL de deux assassinats politiques en 2013 est venue ombrager le ciel du pays et semer des peurs quant à l'aboutissement pacifique des élections.
Cependant aussi bien la campagne électorale de Béji Caid Essebsi, candidat de Nidaa Tounes que celle de Mohamad Moncef Marzouki, candidat indépendant ont jugé que « cette intervention de dernière minute de l’organisation terroriste n’aura pas d’impact réel sur le processus électoral et ne saura dissuader les Tunisiens d’aller voter ».
Des hommes alliés à l’EIIL ont revendiqué sur une vidéo diffusée mercredi 17 décembre sur internet et non encore authentifiée avoir tué en 2013 les opposants Chokri Belaid et Mohamad Brahmi. Une revendication qui intervien au moment où la Tunisie célébre le troisième anniversaire de sa révolution.
Un élément de l’EIIL, identifié par des observateurs comme étant Abu bakr al Hakim, recherché par les autorités pour des affaires terroristes auxquelles il est impliqué en tant que membre de l’organisation Ansar al Chariaa, affirme sur la vidéo: «Nous avons bien tué Brahmi et Belaid et nous comptons revenir pour commettre de nouveaux attentats » et promet que « la Tunisie ne sera pas en paix tant qu’elle ne sera pas gouvernée par les lois de l’islam »
La Tunisie se prépare à tenir dimanche 21 décembre le deuxième tour de la présidentielle au milieu d’une vive concurrence entre Béji Caid Essebsi et Moncef Marzouki.
Les responsables de campagne de Marzouki ont jugé que la vidéo en question est une «tentative désespérée pour déstabiliser le processus électoral».
Anouar Gharbi vice président de la campagne de Marzouki a déclaré à Anadolu que plusieurs parties veulent entraver le processus électoral, déstabiliser le paysage politique et faire échouer le consensus consacré par les différentes parties.
Gharbi se dit, en outre, certain que les Tunisiens se dirigeront dimanche en masse vers les bureaux de vote notant que «de tels actes ne font pas peur aux Tunisiens».
Les responsables de la campagne de Béji Caid Essebsi, l’autre candidat , ont déclaré à l’issue de la parution de la vidéo: «le gouvernement de la Troïka (trois partis qui étaient au pouvoir) s’est montré indulgent avec les groupes terroristes ».
Mahmoud Baroudi membre de la campagne de Caid Essebsi a parlé « d’un laisser aller de la part du gouvernement de la troïka face aux groupes terroristes impliqués dans des assassinats politiques et des actes terroristes» relevant que les menaces proférées par les éléments de l’EIIL ne sont pas l’affaire des candidats seulement, mais de tous les Tunisiens qui «vont s’y opposer fermement» a-t-il ajouté.
Baroudi pense en outre que ceux qui ont diffusé la vidéo visent à déstabiliser l’opération électorale et à faire peur aux Tunisiens déclarant qu’à son avis, «ceci ne servira qu’à motiver davantage les Tunisiens pour faire face à de telles organisations»
Selon des médias tunisiens l’organisation Ansra al-Chariaa en Tunisie a parlé de l’EIIL pour la première fois le 13 juin 2013 date où Seif allah ben Hssine ( abu Iyadh) a loué les exploits de l’EIIL en Irak reconnaissant implicitement l’allégeance de son organisation à celle de l’EIIL.
Quelques heures après la publication de la vidéo le président de l’Instance supérieure Indépendante pour les élections (ISIE) a déclaré que des menaces terroristes visent l’opération électorale.
Il est attendu que l’élection de dimanche bénéficie d’un grand renfort sécuritaire et mobilise quelques 80 mille éléments de l’armée et de la police.