AA/ Bamako/ Baba Ahmed
L’Union Européenne "UE" formera 600 éléments des forces de sécurité maliennes, à travers son programme baptisé « Eucap Sahel », a le chef de cette mission, Albrecht Conze, lors d’une conférence de presse tenue, mardi à Bamako (capitale) par le président Ibrahim Boubacar Keita.
Le quartier général de la mission de l'UE a été inauguré le même jour, en présence du président malien, de l’ambassadeur de l’Union européenne au Mali, Richard Zink et du chef de la mission Eucap Sahel Mali.
Cette mission de l’Union Européenne s’est fixé l’objectif de former 600 officiers et sous-officiers des forces de sécurité malienne en 2015 et de 200 hommes supplémentaires d’ici 2019.
«Aujourd’hui, dans nos villes et campagne, il y a un problème de sécurité. L’Union européenne nous appuie dans ce domaine et nous accueillons cela avec beaucoup de bonheur. La formations de nos officiers de sécurité aidera à mieux lutter contre le terrorisme et le trafic de stupéfiants», s’est félicité Ibrahim Boubacar Keita devant la presse.
Pour sa part, Richard Zink, ambassadeur de l’Union Européenne au Mali a affirmé : «Au de-là de la réforme des forces de sécurité intérieure, l’objectif est de pouvoir redéployer les forces de sécurité dans le nord, dans un contexte de réconciliation nationale».
L’ambassadeur faisaitt allusion à la région de Gao et aux restes des régions du nord malien, où les combats opposant des groupes armés "séparatistes" au gouvernement et aux « milices pro-gouvernementales» s’accentuent de jour en jour.
Depuis le coup d'État militaire de 2012, la chaîne de commandent de l'armée malienne est cassée. Avec l’élection d’Ibrahim Boubacar Keita, le gouvernement malien a pris certaines mesures de réforme et d'organisation aux niveaux des forces armées de défense et de sécurité.
Cette mission d’Eucap Sahel Mali a été annoncée à la veille d'un nouveau round des pouparlers d'Alger entre des représenatnst des groupes armés et des représentants du gouvernement, qui démarre mercredi.
Eucap Sahel a par ailleurs été précédée par la mission de formation de l'Union européenne au Mali, abrégée « Eutmm ». Il s’agissait d’une opération de l'Union européenne décidée dans le cadre de la politique étrangère et de sécurité commune, approuvée par le Conseil de l'Union européenne en plusieurs étapes.
Cette mission a vu le jour dans un contexte très tendu qui prévalait dans la région. Ceci étant, en janvier 2012, le Mouvement national pour la libération de l'Azawad « Mnla », un mouvement Touareg, lance une offensive contre plusieurs camps militaires au nord du Mali : les camps de Ménaka, Tessalit, Aghueloc, Anderamboukane et Tizawaten.
Suite à la révolution en Libye, ceux-ci bénéficient de nouveaux équipements militaires et souhaite obtenir l'indépendance de l'Azawad. Suite aux échecs des autorités maliennes à mettre fin au conflit et reprendre le contrôle de la région, des militaires basés à Bamako font un coup d’État le 22 mars 2012, forçant le président en place, Amadou Toumani Touré, à partir.
le Mnla, ayant pris les villes de Kidal, Tombouctou et Gao, déclare l'indépendance de l'Azawad le 6 avril 2012. Cependant, très rapidement, le Mnla, laic, doit faire face à une nouvelle menace, qui a profité de l'instabilité dans la région, le mouvement Ansar Dine, proche du mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest "Mujao" et d'Al-Qaida au Maghreb islamique "Aqmi".