AA/ Ouagadougou/ Boukary Ouédraogo
Les représentants des groupes armés de l’Azawad ont dressé, jeudi à Ouagadougou, le bilan des affrontements de Kidal (Nord-Mali), disant avoir enregistré, de leur côté, "deux morts dont un officier", et une "quarantaine de morts et autant de blessés" du côté de l’armée malienne.
En plus de Kidal, les groupes armés de l’Azawad ont affirmé contrôler les localités d'Anefis (100 kilomètres de Kidal) et de Menaka (région de Gao, au sud de la région de Kidal) jusque-là occupée par l’armée malienne et où des soldats maliens seraient réfugiés dans le camp de la MINUSMA, ainsi que d’autres positions à Ansongo, à la frontière du Niger, également dans la région de Gao.
Le ministre malien de la défense avait plutôt dans la journée affirmé que seule la ville de Kidal est perdue alors que la Minusma a confirmé, dans un communiqué que Meneka (nord) est tombé également sous contrôle des rebelles .
« Notre objectif n’est pas de gagner des batailles, notre objectif c’est de gagner la paix, le développement et d’arracher les droits légitimes des peuples de l’Azawad » a assuré Mossa Ag Attaher, porte-parole du Mouvement National pour la Libération de l'Azawad (MNLA), principal groupe armé de l'Azawad. «Nous sommes prêts, tout de suite et à tout moment à mettre fin aux combats, à condition que l’armée malienne en fasse de même » a-t-il poursuivi dans une conférence de presse tenue dans la capitale burkinabè.
Le Mouvement National de Libération de l’Azawad (MNLA), le Haut Conseil pour l'Unité de l’Azawad (HCUA) et le Mouvement Arabe de l'Azawad (MAA), domiciliés à Ouagadougou depuis la signature des accords du 18 juin 2013, ont rejeté sur l'armée malienne la responsabilité des actes de violence enregistrés à Kidal depuis samedi dernier, qualifiant leur "riposte" de "légitime défense".
« Si l’armée malienne ne nous avait pas attaqués, jamais on n'aurait ouvert le feu à Kidal. L’armée malienne a été la première à tirer, les forces de l’Azawad ont réagi et riposté dans le cadre de la légitime défense » a assuré Ag Ataher. « Nous continuerons à opposer la légitime défense jusqu’à un nouveau cessez-le-feu.»
Plus en amont, l'embrasement de la situation demeure, selon les groupes touaregs, imputable à la visite "inopportune", samedi, du Premier ministre, Moussa Mara, celui-ci s'étant rendu à la ville sans leur "accord".
«Kidal est un territoire de guerre. Un Premier ministre malien ne doit pas aujourd’hui se permettre d'y faire des parades sans l'accord préalable de l’ensemble des populations et des mouvements de l’Azawad», a poursuivi Ag Ataher. «Les conditions aujourd’hui ne sont pas réunies pour qu’un premier ministre de Bamako pense qu’il est aussi premier ministre de la population de Kidal »
Le nord du Mali est de nouveau en proie à l’instabilité depuis le déclenchement de violents combats, samedi, à Kidal entre l'armée malienne et des groupes armés, dont le Mouvement National de Libération de l'Azawad (MNLA). Ces combats se sont poursuivis avec une opération militaire, lancée mercredi, par l'armée malienne visant à reprendre le contrôle des points stratégiques occupés par les rebelles de l'Azawad.