Wafae El Baghouani
21 Août 2026•Mise à jour: 21 Août 2026
Édouard Philippe, candidat du parti Horizons à l’élection présidentielle française de 2027, a annoncé jeudi plusieurs mesures visant à durcir la politique migratoire à Mayotte, dont la suspension de l’enregistrement de nouvelles demandes d’asile dans l’archipel.
Dans un entretien à France Mayotte Matin, l’ancien Premier ministre a également évoqué la mise en place d’un moratoire sur les différentes voies d’accès à l’immigration, notamment dans le cadre du regroupement familial.
Selon lui, ces dispositifs devraient rester suspendus aussi longtemps que la situation démographique et migratoire de Mayotte demeurera sous tension.
Édouard Philippe entend en outre renforcer les restrictions concernant le droit du sol dans l’archipel. Il propose une suspension de ce dispositif pendant plusieurs années, alors que son application à Mayotte a déjà fait l’objet d’un durcissement législatif en 2025.
Un dispositif de retour envisagé en Afrique de l’Est
Le responsable politique souhaite également mettre en place un « centre de retour français » en Afrique de l’Est. Cette structure aurait notamment pour objectif de faciliter le retour des étrangers en situation irrégulière depuis Mayotte.
Département français de l’océan Indien, Mayotte connaît depuis plusieurs années une importante pression migratoire. L’archipel, qui est également le département le plus pauvre de France, comptait environ 323 000 habitants au début de l’année 2026, selon des chiffres rapportés par Franceinfo. Les personnes de nationalité étrangère représenteraient près de la moitié de la population.
Les Comores restent la principale origine des migrants arrivant à Mayotte. Ces dernières années, l’archipel a toutefois également été intégré à des itinéraires migratoires empruntés par des ressortissants de plusieurs pays de la région des Grands Lacs, notamment de la République démocratique du Congo, du Rwanda et du Burundi.
Édouard Philippe doit se rendre à Mayotte vendredi et samedi, avant de poursuivre son déplacement à La Réunion.
Son programme doit également porter sur la reconstruction de Mayotte et le développement des infrastructures, dans un territoire qui continue de faire face aux conséquences du cyclone Chido, qui avait durement frappé l’archipel en décembre 2024.