AA/ Rangoun (Myanmar)/ Joshua Carroll
Un groupe de défense des droits de l’Homme international a averti que la majorité des membres d’une foule ayant tué, deux ans auparavant, une dizaine de pèlerins musulmans au Myanmar, ont échappé à la justice.
Human Rights Watch a signalé que seuls sept hommes coupables du crime avaient été emprisonnés pour l’attaque meurtrière.
« Il est clair, d’après les preuves photographiques, qu’une foule entière de personnes étaient impliquée» a souligné, mercredi, le directeur adjoint de Human Rights Watch pour l’Asie, Phil Robertson, en s’adressant à l’Agence Anadolu (AA).
« Qu’est-il arrivé aux autres personnes arrêtées ? » s’est interrogé Robertson.
La semaine dernière, le tribunal du comté de Thandwe, dans l'État d'Arakan, a condamné à sept ans de réclusion criminelle chacun, des sept hommes coupables des meurtres, que des médias locaux ont présenté comme des membres de la communauté majoritaire bouddhiste.
Les individus faisaient partie d’une foule qui a traîné, en juin 2012, des hommes musulmans hors d’un bus avant de les battre à mort. Le grave incident avait déclenché des émeutes sectaires dans l’Etat d'Arakan, situé dans l’ouest du Myanmar.
La foule avait ensuite incendié le bus, avait alors rapporté «Democratic Voice of Burma», une organisation de journalistes birmans dissidents qui diffuse leurs informations par radio, télévision et internet.
La Police, qui était restée sans bouger à regarder l’attaque, avait initialement arrêté trente personnes en relation avec le lynchage.
L’attaque était survenue lorsque des bouddhistes d’Arakan avaient reçu des informations faisant état du viol et du meurtre d’une fillette bouddhiste par des hommes musulmans.
Les troubles ayant suivi le lynchage se sont par la suite propagés, causant la mort de 280 personnes et forçant des dizaines de milliers d’autres à fuir leurs régions.
La majorité des victimes sont des Rohingyas musulmans, une minorité représentant la cible de discours de haine populaires provenant de moines bouddhistes.
Des groupes de droits de l’Homme ont, de manière répétée, critiqué les autorités pour ne pas avoir traduit en justice les coupables de violences communautaires.
Robertson a déclaré que les autorités avaient peut-être agi à la suite de l’attaque du bus car «il s’agit d’une affaire si flagrante qu’il aurait été plus difficile de l’étouffer ou d’affirmer que l’identité de ses auteurs n’est pas clair. L’attaque est survenu dans le centre-ville près d’un barrage policier ».