Mona Saanouni
05 Avril 2018•Mise à jour: 06 Avril 2018
AA/ Kaboul
Le Parlement afghan a condamné le raid mené, lundi, par les forces de l’armée afghane contre une école religieuse sise dans la province de Kondôz (Nord), lequel avait fait, selon des rapports médiatiques, 100 civils morts dont des enfants.
"Les Talibans étaient, sans aucun doute, présents à l’école. Soyons, toutefois, francs ! Un tel acte contre une école qui enseigne la religion, est inacceptable", a déclaré, le président du Parlement, Abdul-Rauf Ibrahimi.
Ibrahimi s’exprimait, mercredi, lors d’une session parlementaire tenue après que le ministère afghan de la Défense avait annoncé que la frappe aérienne avait ciblé un rassemblement de dirigeants Talibans et fait des morts parmi des suspects armés, a rapporté la chaîne afghane "TOLOnews".
Les députés ont, de leur côté, averti que "les agressions continues infligées aux citoyens pourraient creuser davantage le fossé qui sépare le peuple du gouvernement".
"Si le gouvernement voulait combattre les Talibans, il pourrait affronter le Mouvement ailleurs", a lancé le député, Habib ar-Rahman.
Le raid qui avait eu lieu, lundi, et fait des dizaines de morts parmi les civils, avait provoqué un tollé dans l’ensemble de l’Afghanistan suscitant un démenti des autorités afghanes.
D’autre part, le politicien pakistanais, Sami ul Haq, président du parti "Jamiat Ulema-e-Islam" (Association des savants de l’Islam), connu sous le nom de "Parrain des Talibans" a, de son côté, déploré le raid ayant ciblé l’école religieuse le qualifiant "d’acte terroriste et barbare".
"La frappe représentait une continuité des politiques du président américain, Donald Trump, et menaçait la paix internationale", a déclaré le "Parrain des Talibans" cité par l’agence de presse afghane "Khaama" (Indépendant).
Quant au président afghan, Ashraf Ghani, il avait ordonné, mercredi, la formation d’une commission d’enquête au sujet du raid ayant ciblé l’école de Kondôz.
Ghani avait indiqué que "l’enquête vise à déterminer l'étendu des dommages infligés aux civils dans l'incident", a appris Anadolu d’un communiqué de la Présidence afghane.
De leur côté, des activistes des réseaux sociaux ont diffusé des images d’enfants vêtus de turbans traditionnels dont les corps tâchés de sang qui auraient été les victimes du raid. La frappe avait ciblé l’école lors d’une cérémonie de graduation d’une nouvelle promotion d’enfants ayant mémorisé le Saint Coran.
D’autre part, les organisations de la société civile ont, également, soutenu les rapports faisant état de victimes civiles.