AA - Moscou - Bilal Muftuoglu
Un tribunal de Moscou a refusé d'examiner les documents de la police rapportant que le dissident Alexeï Navalny a violé son assignation à résidence en coupant son bracelet électronique.
Décrit comme l'acteur clé des manifestations contre le président Vladimir Poutine, Navalny, bloggeur et avocat, a justifié son opposition à la détention en invoquant ''l'article 311 du code pénal (qui) dit clairement qu'une personne doit être libérée immédiatement dans la salle d'audience en cas de condamnation à une peine sans privation de liberté ou d'une peine avec sursis''.
Navalny avait par ailleurs partagé sur son compte Twitter une photo de lui alors qu'il coupait son bracelet.
Le tribunal de Moscou avait tout de suite indiqué avoir reçu mardi une plainte selon laquelle Alexeï Navalny n'avait pas respecté les conditions de son assignation à résidence, et l'avoir renvoyée au service d'application des peines.
La loi ne permet pas ''d'examiner de tels documents après qu'un jugement a été prononcé dans une affaire criminelle'', a fait savoir un porte-parole du tribunal, cité par les agences russes.
Alexeï Navalny et son frère avaient été reconnus coupables fin décembre de ''détournement de fonds'' au détriment d'une filiale du groupe Yves Rocher en Russie. Les motifs du jugement seraient politiques, selon les deux frères.
Navalny, qui affirmait vouloir devenir président pour mettre à bas un régime ''fondé sur la corruption'', a écopé d'une peine de trois ans et demi de prison avec sursis, comme son frère.