AA-Brazzaville- Patrick Sebastien Dzeba
Le journal congolais «Talassa» édité à Brazzaville vient d’être suspendu de parution pour quatre mois par le Conseil Supérieur de la Liberté de Communication (CSLC), s’ajoutant ainsi aux huit supports d’information ayant connu le même sort en l'espace de douze mois.
Selon un communiqué officel du CSLC, cette décision a été a prise « en application des dispositions des articles 6 et 7 de la loi organique n°4-2003 du 18 janvier 2003 » et a pour motif « une récidive de refus d’obtempérer aux convocations du CSLC et un manque de considération à son égard».
En moins d’une année, 9 journaux dont trois interdits définitivement de parution, ont fait l’objet de suspension au Congo.
Se confiant à Anadolu, le rédacteur en chef de « Talassa », qui s’exprimait au nom du directeur d’information Ghys Fortuné Dombé Mbemba, a indiqué que «la sanction infligée à son journal n’a rien à voir avec la liberté d’expression. Plutôt, elle contredit les articles de la Constitution de 2002, ayant trait à la liberté d’opinion».
Se montrant navré par la décision du CSLC, il a encore égrené que le refus d’obtempérer aux convocations "allégué" par l’institution de régulation est « un faux problème ».
« Je sais que le CSLC avait adressé le 13 février 2014 une convocation au directeur du journal qui était alors en voyage à l’étranger. D’ailleurs, on a demandé au Conseil de reporter la séance d’audition, en attendant le retour du concerné dans le pays. Mais, il semble que ses responsables n’ont pas trop digéré cette réponse, et là nous n’avons qu’à attendre le retour de M.Dombé pour entamer les démarches nécessaires », a-t-il précisé.
Le journal ’’Talassa’’ n’est pas à sa première. Il a été plusieurs fois suspendu de parution par le CSLC. En 2007, il l’a été pour une durée de deux mois pour « violations délibérées et répétées des normes juridiques, professionnelles, éthiques et déontologiques qui régissent l’exercice de la profession de journaliste au Congo Brazzaville». Puis, il a connu la même destinée en juin 2013, pour « des motifs presque identiques », toujours selon le CSLC.