Ecenur Çolak,Sultan Çoğalan,Ayvaz Çolakoğlu
23 Mars 2017•Mise à jour: 24 Mars 2017
AA - Ankara - Ayvaz Colakoglu
Le porte-parole du ministère turc des Affaires Etrangères, Huseyin Muftuoglu a déclaré au sujet de l'opération envisagée contre l'organisation terroriste Daesh à Raqqa, que "même pour des raisons tactiques, il n'est pas tolérable de faire alliance avec des groupes terroristes comme le PYD/PKK".
Muftuoglu a abordé les sujets de l'actualité régionale et internationale, lors d’une conférence de presse tenue jeudi au ministère.
Au sujet des photos de militaires russes arborant des écussons du YPG, prises lors des célébrations de la fête de Norouz à Afrin en Syrie, le porte-parole a indiqué: "les autorités turques ont expliqué, à chaque rencontre avec nos partenaires, le vrai visage du PYD/YPG, qu'il s'agit d'une organisation terroriste. Ils connaissent notre position la dessus et nous la préservons. Nous attendons à ce que cette sensibilité soit prise en compte".
A une question sur l'éventualité d'une opération à Raqqa contre Daech et concernant la position des Etats-Unis à ce sujet, Muftuoglu a apporté la précision suivante :
"Dans le cadre des opérations destinées à éradiquer l'organisation terroriste Daesh de la région, la prochaine étape, la plus importante, est la prise de Raqqa. Nous sommes prêts à mener cette opération avec les Etats-Unis et les forces de la coalition qui luttent contre Daech. Mais cette opération doit être menée avec le soutien des bons groupes syriens. Cependant, nous affirmons fermement qu'il n'est pas tolérable de faire alliance avec des groupes terroristes comme le PYD/PKK, même pour des raisons tactiques. A ce stade, nous attendons de la nouvelle administration américaine, qu'elle finalise ses plans pour Raqqa".
Concernant la visite du Secrétaire d'Etat des Etats-Unis en Turquie la semaine prochaine, Muftuoglu a indiqué que la rencontre permettra d'aborder les relations bilatérales mais aussi les problèmes régionaux et internationaux, notamment la possibilité pour les Etats-Unis de participer aux négociations d'Astana pour la paix en Syrie.
L'opposition syrienne avait refusé de participer à la dernier réunion d'Astana afin de protester contre les nombreuses violations du cessez-le-feu commises par les forces pro-régime et les milices contrôlées par l'Iran. Muftuoglu a rappelé que l'une des avancée la plus importante de la dernière réunion d'Astana a été l'annonce faite par l'Iran de se porter garant en Syrie et que la prochaine réunion d'Astana se déroulera le 3 et 4 mai prochain.
"Si une baisse significative des violations du cessez-le-feu est constatée sur le terrain, alors nous pourrons réengager l'opposition au processus d'Astana" a-t-il relevé.
Le porte-parole du ministère turc des Affaires Etrangères, a en outre déclaré, en réponse à une question sur la crise avec les Pays-Bas et l'Allemagne, et les tensions avec l'Union Européenne: "il est peut-être temps pour l'Europe de s'asseoir, de faire une auto-critique, et de procéder à une réévaluation en interne".