Mona Saanouni
24 Janvier 2019•Mise à jour: 24 Janvier 2019
AA/Alger
Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a déclaré, jeudi, que la position des Etats-Unis et de certains pays occidentaux à l'égard de ce qui se passe au Venezuela constitue "une preuve de leur implication dans le chaos qui secoue le pays".
C'est ce qui ressort d'une conférence de presse conjointe de Lavrov avec son homologue algérien, Abdelkabder Messahel à Alger, dans le cadre de sa visite officielle entamée mercredi pour discuter de la coopération et de plusieurs questions internationales et régionales.
Le Venezuela est secoué par des troubles internes après que le président de l'Assemblée nationale vénézuélienne, également dirigeant de l'opposition, Juan Guaido s'est proclamé président par intérim, hier mercredi. A la suite de cette annonce, le président élu, Nicolas Maduro, a décidé de rompre les relations diplomatiques avec Washington l'accusant d'orchestrer une "tentative de coup d'Etat contre lui".
Commentant les positions occidentales de la crise vénézuélienne, Lavrov a considéré qu'il y a "des violations et une ingérence dans les affaires internes des États, et de nombreuses tentatives ont été faites pour renverser le président Maduro jusqu'à sa liquidation".
"Ce que disent les Etats-Unis et certains pays occidentaux concernant ce présumé président (Guaido) montre que ces pays sont impliqués dans ce chaos et c'est très regrettable", a-t-il poursuivi.
Il a, par ailleurs, attaqué Washington en indiquant que "les Etats-Unis font des déclarations sur un Etat qui interfère dans leurs élections (Russie) et en même temps c'est Washington qui interfère dans les affaires des autres pays et en dicte les conditions. Le Venezuela est un exemple flagrant".
Lavrov a appelé à un dialogue interne au Venezuela qui réunisse toutes les parties avec un soutien international et a exhorté l'opposition dans ce pays à arbitrer les raisons "parce que le chaos finira par l'emporter".
Mercredi, Guaido s'est proclamé président par intérim. Le président américain, Donald Trump l'a reconnu comme tel, ajoutant ainsi plus de tension au différend qui oppose déjà Washington au président vénézuélien, Nicolas Maduro.
Les autres États ayant exprimé leur soutien au président du Parlement vénézuélien sont: le Canada, la Colombie, le Pérou, l'Équateur, le Paraguay, le Brésil, le Chili, le Panama, l'Argentine, le Costa Rica et le Guatemala.
D’un autre côté, la Russie, le Mexique et la Bolivie ont déclaré leur soutien au président vénézuélien Nicolas Maduro, le considérant comme le président légitime du pays.
Le 10 janvier, Maduro a été assermenté pour un second mandat de 6 ans à la suite d'un vote boycotté par l'opposition.
S'agissant du dossier syrien, Lavrov a indiqué que la Russie et l'Algérie ont des positions identiques sur le règlement politique, conformément aux règlements de l'ONU et à la résolution 22/54 du Conseil de sécurité, ainsi que sur le respect de l'unité et de la souveraineté de la Syrie.
"Nous saluons les efforts de l'Iran et de la Turquie concernant la crise et nous coopérons avec nos partenaires des Nations Unies dans ce dossier", a-t-il martelé.
Pour sa part, le ministre algérien des Affaires étrangères, Messahel, a souligné à propos de la crise syrienne qu '"il n'y a pas d'alternative à une solution politique reposant sur le respect de la volonté des peuples et du droit international et soutenant le Processus d'Astana et le rôle des Nations Unies également".