Mourad Belhaj
02 Octobre 2019•Mise à jour: 03 Octobre 2019
AA / Abdul Jabbar Aburas
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, a déclaré mercredi, lors d'une conférence de presse, en marge du conseil des ministres, que son pays était prêt à normaliser ses relations avec l'Arabie saoudite, à condition que Riyad décide de ne pas déléguer sa sécurité à des parties tierces.
Zarif a averti que son pays s'apprêtait à prendre de nouvelles mesures, dans le cadre du processus de réduction de ses engagements vis-à-vis de l'accord sur le nucléaire, si les pays européens ne respectaient pas leurs engagements vis-à-vis de l'Iran.
Il a déclaré que le discours du président américain aux Nations Unies, concernant le maintien de l'embargo sur l'Iran, était aux antipodes des messages qu'il a tenté de faire parvenir aux dirigeants iraniens, par l'intermédiaire des Européens, sans donner plus d'explications.
A la question de savoir si l'Arabie saoudite avait donné son feu vert à des pourparlers avec l'Iran, Zarif a déclaré: "Nous avons toujours souligné que nous cherchions à parvenir à un accord avec nos voisins et que nous ne voulions pas créer de tensions".
Et d'ajouter : "Si l'Arabie saoudite se décide à comprendre qu'elle ne peut pas garantir sa sécurité en achetant des armes et en déléguant sa sécurité à des tiers (...), l'Iran serait bien entendu ravi de l'accueillir."
Les propos de Zarif interviennent deux jours après que le porte-parole du gouvernement iranien, Ali Rubaie, ait annoncé que le président Hassan Rohani avait reçu une lettre de Riyad, remise par un chef d'Etat (qu'il n'a pas nommé), sans donner d'information sur le contenu de cette lettre.
Le porte-parole du gouvernement avait également déclaré lundi, que Téhéran était prêt au dialogue si Riyad changeait son comportement dans la région et mettait fin à la guerre au Yémen.
Les relations entre l’Iran et l’Arabie saoudite connaissent un regain de tension, aggravé récemment par les attentats perpétrés contre des installations pétrolières dans le royaume et pour lesquels Washington et Riyad ont accusé Téhéran, ce que la république islamique a formellement nié.