AA – Yaoundé - Anne Mireille Nzouankeu
« Le traitement est évalué à 1.500.000 FCfa (3.340 USD) par mois. Ce qui le rend inaccessible pour beaucoup de malades. C’est pourquoi nous avons recherché des partenariats pour le leur fournir gratuitement», explique Jean Gabriel Yay, vice-président de l’ONG Solidarité Chimiothérapie (Sochimio) qui fournit ce traitement.
D’après les chiffres du ministère de la Santé publique, 12.000 nouveaux cas de cancer sont diagnostiqués tous les ans au Cameroun, les plus fréquents concernant le cancer du sein.
Au service d’oncologie médicale de l’hôpital Général de Yaoundé, le plus grand du Cameroun, le cancer du sang est le troisième cas le plus fréquent.
«Lorsque mon frère a appris qu’il avait un cancer du sang, il a pensé qu’il allait mourir dans les jours qui suivaient car il n’avait pas d’argent pour se soigner. Heureusement son médecin lui a parlé de l’ONG Sochimio et depuis qu’il est sous traitement, il a repris espoir », témoigne Jean Bertrand Mbarga, le frère d’un malade.
«Pour ce qui est du cancer du sang, l’ONG accueille tous les malades. Mais beaucoup ne sont pas informés de cette possibilité d’avoir gratuitement accès au traitement. Généralement, ils disparaissent après le diagnostic et environ 80 pour cent ne reviennent à l’hôpital que lorsque leur état de santé s’est considérablement dégradé », constate Paul Ndom, oncologue médical en service à l’hôpital Général de Yaoundé et président de Sochimio.
Ce médecin explique que la plupart des malades du cancer ne suivent pas normalement leur traitement, soit parce qu’ils ne trouvent pas les produits anticancéreux dans les pharmacies, soit parce qu’ils n’ont pas les moyens de s’en procurer.
«J’ai créé Sochimio en 1999 pour rechercher les moyens de réduire les coûts des médicaments et du traitement du cancer, ainsi que pour collecter les médicaments et le matériel médical à l’étranger afin de les mettre à la disposition des malades du cancer au Cameroun», explique Ndom.
Des traitements gratuits pour le cancer de la peau sont aussi régulièrement fournis, ainsi que des services d’écoute et de soutien psychologique.
L’ONG recherche actuellement des financements pour administrer des soins palliatifs à domicile aux malades du cancer en phase terminale, qui ne peuvent plus se déplacer pour recevoir leurs soins à l’hôpital.
«Nous travaillons bénévolement mais il nous faut de la morphine, les moyens de locomotion et bien d’autres choses pour ces soins à domicile », dit Yay, le vice-président de Sochimio.