Nadia Al Chahed
17 Novembre 2015•Mise à jour: 17 Novembre 2015
AA/Tunis
Les fourmis peuvent répondre de façon coordonnée aux attaques des prédateurs, selon le lieu où elles se produisent, formant un super organisme.
C’est ce qui ressort d’un récent article publié par la revue "Sciences et Avenir" et qui rappelle que "Les fourmis sont des insectes sociaux qui vivent, pour la plupart, au sein de colonies organisées, hiérarchisées et complexes abritant des individus hautement spécialisés, avec un mode de vie intensément coopératif et c’est pour cette raison qu’une fourmilière peut être assimilée à un super-organisme eu égard au degré d’interdépendance de chacun de ses membres".
C’est cet aspect unitaire que les scientifiques de l’université de Bristol, en Grande-Bretagne, ont étudié dans le cas particulier où la colonie est menacée par un prédateur, précise l’article.
Les résultats de l’étude confirment qu’en cas d’attaques, les Temnothorax albipennis, des fourmis européennes qui édifient leurs nids dans les cavités rocheuses, réagissent bien comme un seul organisme.
Pour observer la réaction des fourmis face au danger, les auteurs de l’étude ont simulé différentes agressions de prédateurs sur une trentaine de colonies différentes, attaquant tantôt les éclaireuses à l'extérieur du nid, tantôt directement la fourmilière en y enlevant des fourmis ouvrières, indique le même article.
Dans chacun de ces cas, les réponses des fourmis ont été synchrones et variables selon l’attaque « lorsque ce sont les éclaireuses qui sont visées, les fourmis qui s’éloignaient en quête de nourriture, sont revenues vers la fourmilière alors que dans le cas où ce sont les ouvrières qui sont enlevées au cœur de la fourmilière, la réaction a été tout à fait différente : toute la colonie a fui, cherchant refuge ailleurs».
« Le premier scénario est comparable au retrait d’une main posée sur un objet chaud, dans le second, c’est plutôt comme une alerte au feu dans une maison avec tout le monde qui évacue », notent les auteurs de l’étude.