Sinan Uslu
29 Septembre 2016•Mise à jour: 29 Septembre 2016
AA / Ankara / Sinan Uslu
Le Conseil de Sécurité nationale en Turquie a recommandé de prolonger la durée de l’état d’urgence décrété dans le pays après la tentative de putsch du 15 juillet dernier.
C’est ce qui ressort d’un communiqué rendu public, tard dans la soirée du mercredi, à l’issue de la réunion du Conseil, à Ankara, sous la présidence du chef d’Etat, Recep Tayyip Erdogan.
Le Conseil a recommandé de prolonger l’état d’urgence dans «le but d’assurer la continuité de l’application, de manière effective, des mesures de protection de la démocratie, et du principe de l’Etat de droit, des droits et des libertés fondamentales des citoyens».
L’état d’urgence a été annoncé pour une période de 3 mois, en vertu de la Constitution, au cours d’une conférence de presse animée à la fin du mois de juillet par le président Erdogan, à l’issue de la réunion des Conseils de la sécurité nationale et des ministres, et ce après la tentative de putsch raté du 15 juillet.
Le Conseil s’est penché sur les mesures à même de «garantir la sécurité publique et la sûreté des citoyens».
«Dans ce cadre, les participants à la réunion ont examiné les opérations lancées contre l’organisation de Fethullah Gulen, qui constitue une menace à la sécurité nationale turque et qui collabore avec des organisations terroristes», lit-on dans le communiqué.
«Le Conseil a également discuté des mesures prises contre les organisations terroristes et séparatistes du PKK, du PYD et du YPG et contre le groupe terroriste de Daech, aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays», relève le communiqué, mettant l’accent sur la détermination à poursuivre une lutte sans relâche contre le terrorisme.
Le Conseil a tenu à rappeler les priorités de l’opération «Bouclier de l’Euphrate» lancée pour empêcher la formation d’une «ceinture terroriste» aux frontières de la Turquie avec la Syrie.
L’objectif de l’opération, poursuit le communiqué, consiste à «sécuriser nos frontières, à préserver la vie et les biens des habitants de la zone et à la nettoyer de la présence des organisations terroristes de Daech et du PYD/YPG ainsi qu’à soutenir l’Armée Syrienne Libre dans la préservation de l’intégrité territoriale» de la Syrie.
«L’opération du ‘Bouclier de l’Euphrate’ a été lancée tout en affirmant l’impératif de respecter l’intégrité territoriale de la Syrie ainsi que le droit légitime de la Turquie à se défendre et qui émane du droit international», souligne le communiqué.
Le communiqué a relevé le souci des autorités à prendre toutes les "mesures requises pour éviter de porter atteinte aux populations civiles» au cours de cette opération.
Le Conseil a, par ailleurs, mis l’accent sur la «nécessité d’aménager une zone sécurisée débarrassée du terrorisme » et d’établir une « zone d’exclusion aérienne » dans le Nord de la Syrie, région utilisée par les organisations terroristes qui représentent une menace sécuritaire au niveau des frontières (avec la Turquie).
Le Conseil de Sécurité nationale se réunit, une fois tous les deux mois, sous la présidence du président de la République, pour discuter des développements sécuritaires internes et externes.