Fatma Can
16 Octobre 2015•Mise à jour: 17 Octobre 2015
AA - Ankara - Tuncay Çakmak
Le vice-Premier ministre turc, Yalcin Akdogan, a estimé que l’attentat d’Ankara est une attaque directe contre la politique civile et la démocratie en Turquie.
Yalcin Akdogan a commenté l’actualité, vendredi, lors d’une émission sur la chaîne turque, TRT Haber.
«Nous sommes en deuil, a-t-il dit. Une nouvelle fois, je présente mes condoléances aux familles des victimes de l’attentat d’Ankara. Cet attentat est une attaque directe à la politique civile et à la démocratie en Turquie. Les terroristes cherchent à instaurer la peur et le chaos pour empêcher que nos citoyens poursuivent leur vie normalement. Nous ne devons pas tomber dans le piège. Nous devons continuer à vivre normalement, dans l’unité et la fraternité, pour ne pas servir la cause des terroristes»
Akdogan a notamment rappelé que le Parti pour la Justice et le Développement (AK Parti) ne fera pas une campagne classique dans ce contexte, préférant mettre en suspens les meetings qui étaient prévus avant les élections législatives du 1er novembre prochain.
«Cet attentat peut être l’œuvre de Daesh, comme du PKK, ou d’une autre organisation, a-t-il encore dit. A certains moments, ces organisations se retrouvent sur un même point. Parfois ils s’affrontent, parfois ils coopèrent. Les actes récents en Turquie démontrent une situation un peu floue. Ce sont tous des terroristes qui commettent des crimes contre l’humanité. Nous poursuivons notre lutte contre chacun d’eux sans aucune hésitation et sans faire de distinction.»
Concernant les victimes de l’attentat d’Ankara, le vice-Premier ministre a rappelé qu’une loi offrant certains droits aux victimes du terrorisme et à leurs familles existe déjà.
"Nous allons bien sur apporter le soutien de l’Etat aux familles des victimes. Les statuts dans ce genre de situation sont bien définis dans notre législation. Les agents de sécurité (police, soldats etc.) bénéficient du statut de martyr s’ils meurent lors de la lutte contre le terrorisme", a-t-il expliqué.
"Mais les civils qui meurent lors d’une attaque terroriste bénéficient d’autres droits. Les proches des victimes de l’attentat d’Ankara bénéficieront de ces droits", a-t-il encore relevé.
Enfin, Yalcin Akdogan a affirmé que le PKK, qui a saboté le processus de résolution en reprenant les attaques contre la Turquie, souhaite faire retomber le pays dans le climat des années 90.
«L’Etat n’est pas celui des années 90, mais le PKK l’est», a-t-il expliqué.
«Si le PKK n’arrive plus à convaincre la population de cela, c’est parce que nos citoyens ont vu que l’Etat soutenait sincèrement le processus de résolution. Et surtout, ils savent que les opérations visent à protéger la vie et les intérêts de la population du sud-est de la Turquie. C’est pourquoi le PKK est en plein échec, aussi bien en Turquie que dans le nord de l’Irak.»