Çiğdem Alyanak,Adem Demir,Tuncay Çakmak
19 Mars 2018•Mise à jour: 20 Mars 2018
AA - Istanbul - Tuncay Çakmak
Le vice-Premier ministre turc et porte-parole du gouvernement, Bekir Bozdag, a déclaré que la mission de la Turquie à Afrin, dans le nord-ouest de la Syrie, est loin d’être achevée.
Bozdag a répondu aux questions des journalistes qui le suivaient, lundi, lors d’un déplacement à Istanbul.
Il est revenu sur la libération d’Afrin dont le centre-ville est totalement passé sous le contrôle de l’Armée turque et de l’Armée Syrienne Libre (ASL), dimanche.
Bozdag a d’abord remercié et félicité l’Armée turque et l’état-major pour ce succès.
Mais il a voulu tempérer, rappelant que la ville d’Afrin et sa région doivent être entièrement déminées.
"Comme vous le savez, une explosion survenue aujourd'hui a causé la mort de civils et de combattants de l'ASL. Nous savons que les terroristes ont, avant de fuir, placé des explosifs et des mines dans la région. Il faut maintenant nettoyer la région et neutraliser les explosifs installés", a-t-il expliqué.
"Ceci va prendre du temps. Il faudra ensuite reconstruire les infrastructures et les maisons qui ont été endommagées par les groupes terroristes. Nous devons rapidement agir pour permettre aux habitants de la région de retrouver une vie normale", a-t-il ajouté.
"Afrin est maintenant sous contrôle mais la mission de la Turquie à Afrin n'est pas terminée. Il y a encore beaucoup de choses à faire", a-t-il précisé.
Bekir Bozdag a ensuite été interrogé sur la propagande effectuée par l’organisation terroriste PYD/PKK concernant son prétendu "retrait" d’Afrin.
"Les terroristes n'ont pas remis Afrin à la Turquie, il faut le souligner. Les proches de l'organisation terroriste affirment sur les réseaux sociaux qu'ils se sont retirés : ils ne se sont pas retirés, ils ont fui, ils ont eu peur. Ils ont compris qu'ils ne pouvaient pas tenir plus longtemps face à l'Armée turque. Les armes et munitions saisies le prouvent. S'il s'agissait d'un retrait planifié, les terroristes seraient partis avec leurs armes", a-t-il affirmé.
Le vice-Premier ministre turc en a profité pour critiquer une nouvelle fois l’aide militaire des Etats-Unis au PYD/PKK.
"Nous avons demandé à plusieurs reprises aux américains de reprendre les armes qu’ils ont offert à l’organisation terroriste PYD/YPG. Ils ne l’ont pas fait. C’est aux soldats turcs qu’il incombe de récupérer ses armes, a-t-il ironisé. Une partie des armes américaines a été retrouvé à Afrin. Il nous reste à neutraliser les autres terroristes et à récupérer les armes restantes".
Quant à la suite des opérations, Bekir Bozdag a rappelé que le succès de la libération d’Afrin n’est qu’une étape.
"L'opération Rameau d'olivier que nous menons dans la région d'Afrin n'a pas seulement pour objectif de libérer la région des organisations terroristes PYD/YPG/PKK et Daech. Le principal objectif est de mettre fin au projet de création d'un état/corridor terroriste dans la région. Le succès de Rameau d'olivier a mis fin à ce projet, il l'a fait échouer", a-t-il déclaré.
Et de poursuivre : "Nous ne resterons pas à Afrin. Nous ne sommes pas des envahisseurs. L'objectif de notre opération est de libérer la région de la présence terroriste, d'y apporter sécurité, stabilité et prospérité. Une fois l'objectif atteint, nous remettrons la région à ses véritables propriétaires".
Pour conclure, le vice-Premier ministre turc a souhaité une nouvelle fois répondre aux allégations concernant la mort de civils à Afrin.
"Aucun lieu de culte, aucune école, aucun hôpital et aucune zone densément peuplée de civils n'ont été ciblés pendant l'opération", a-t-il martelé.