Gökhan Varan,Muhammet Tarhan,Hilal Şerefli Sari
19 Janvier 2021•Mise à jour: 19 Janvier 2021
AA / ANKARA
Le ministre des Affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu, a déclaré, « Aujourd'hui, toutes les données montrent que le 21e siècle sera le siècle asiatique. De nombreux pays agissent en étant conscients de ce fait. »
Cavusoglu a participé lundi à la conférence en ligne ‘’Asie de nouveau : Nouvelles perspectives sur le développement du commerce de la Turquie avec les pays asiatiques’’ modérée par le président du Conseil des relations économiques extérieures, Nail Olpak.
Rappelant que la Turquie se situe à l’Est du continent européen et à l’Ouest de l’Asie, Cavusoglu a ajouté : « Nous travaillons tous ensemble pour tirer le meilleur parti de notre position unique. Nous essayons d'accroître nos relations avec l'Est et l'Ouest. »
- "Il est impensable pour nous de rester indifférents à ces évolutions."
Cavusoglu a insisté sur le fait que l'une des caractéristiques les plus distinctives de la nation turque est "l'esprit d'entreprise" et a rappelé que la Turquie possède le 5e plus grand réseau diplomatique du monde.
Cavusoglu a souligné que l'une des tâches les plus importantes qu'ils confient aux ambassadeurs est "la diplomatie économique et commerciale".
En rappelant une étude récente de la Banque centrale turque, Cavusoglu a expliqué, « Cette étude montre que notre commerce a augmenté de 27% avec 39 pays où nous avons ouvert de nouvelles ambassades. C'est la plus grande récompense pour nous d'obtenir les résultats concrets de la diplomatie commerciale que nous menons ensemble. »
Il a rappelé l’importance de l’Asie aujourd’hui.
« Le pendule de l'histoire s'est à nouveau tourné vers l'Asie, le principal continent. Les 19e et 20e siècles étaient les siècles européen et américain. Aujourd’hui, toutes les données montrent que le 21e siècle sera le siècle asiatique. De nombreux pays agissent en étant conscients de ce fait », a-t-il affirmé.
Le chef de la diplomatie turque a déclaré que l'UE avait signé un accord d'investissement global avec la Chine et réalisé des progrès significatifs dans des domaines tels que la protection de ses investissements en Chine, la pénétration de certains secteurs critiques et la prévention des transferts forcés de technologie :
« Il est impensable pour nous, en tant qu’élément principal de ce continent, de rester indifférents à ces évolutions. Par cette compréhension, nous avons annoncé l'initiative ‘’Asie de nouveau’’ en 2019 avec l'approbation de notre président. Le but de l'initiative est de renouer plus fortement avec l'Asie et surtout de faire progresser nos relations économiques. ‘’Asie de nouveau’’ est en fait une tentative pour ouvrir davantage votre chemin. »
Indiquant que l’épidémie va faire ralentir les étapes de ‘’Asie de nouveau’’ mais qu’ils poursuivent les activités dans la région malgré cela, Cavusoglu a continué, « Nous avons créé un Conseil de coordination composé de 31 institutions, y compris tous les ministères et conseils suprêmes présidentiels. L'année dernière, nous avons élaboré des plans d'action pour 31 pays dans 40 grands domaines d'activité. »
Le ministre Cavusoglu a déclaré qu'avec un produit national d'environ 14 billions de dollars, la Chine est le principal centre de production, de commerce et d'investissement du monde et qu'elle sera la plus grande économie du monde d'ici 2028.
Cavusoglu a fait référence au fait que les pays de la région tentent d'établir un équilibre délicat entre la Chine, dont ils sont économiquement dépendants, et les États-Unis, auxquels ils sont liés en termes de sécurité. Il a déclaré que des mesures importantes avaient été prises en termes d'intégration économique au sein de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est.
- Relations étroites avec les pays de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est
Lors de sa visite en Indonésie, Cavusoglu a déclaré qu'ils mettaient l'accent sur une coopération plus étroite avec l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est et que l'Indonésie, qui est le 4ème plus grand pays du monde, a de grandes opportunités, en particulier dans le domaine de l'industrie de la défense, de la sous-traitance et du secteur de la santé.
Cavusoglu a indiqué que l'Indonésie souhaite coopérer étroitement avec les entreprises turques, et qu’ils tentent d'obtenir des résultats importants à cet égard avec une diplomatie silencieuse.
Notant que l'Asie du Sud est devenue un centre de production avec son économie en croissance rapide et sa puissance démographique dense, Cavusoglu a déclaré que l'Inde, l'une des plus grandes économies du monde, avait un grand potentiel dans l'industrie de la défense et les énergies renouvelables.
Le Bangladesh, qui a enregistré une croissance de 5% malgré l'épidémie en 2020 et s'est rapidement urbanisé, offre de grandes opportunités dans le secteur des infrastructures et de la santé. Selon Cavusoglu, cela donne également des opportunités pour resserrer la coopération politique et les relations de la Turquie avec le Bangladesh.
Attirant l'attention sur le potentiel des pays du Caucase et des républiques d'Asie centrale, Cavusoglu a rappelé que la région n'a pas accès à la mer et a souligné que la question des transports dans cette région constitue un défi majeur.
Il a également rappelé qu’avec la mise en œuvre du projet ferroviaire Bakou-Tbilissi-Kars, pour la première fois cette année un train va faire le trajet de la République populaire de Chine vers la Turquie et de la Turquie vers l'Europe.
- Mécanismes trilatéraux avec les pays de la région
Rappelant que le premier train d’exportation de la Turquie a été envoyé en Chine le mois dernier, Cavusoglu a noté, « Les mécanismes de coopération tripartite mis en place avec les pays de la région ont apporté de nouvelles perspectives économiques. Nous exploiterons également les mécanismes trilatéraux suivants : Turquie-Pakistan-Afghanistan, Turquie-Turkménistan-Pakistan et Turquie-Ouzbékistan-Pakistan. Cette coopération est importante, en particulier pour les projets logistiques et énergétiques. »