Sibel Kurtoğlu,Sefa Mutlu
26 Octobre 2015•Mise à jour: 26 Octobre 2015
AA - Istanbul - Tuncay Çakmak
Le Premier ministre turc, Ahmet Davutoglu, a dénoncé la diffusion de messages dans les médias sociaux cherchant à propager la peur et le chaos avant les meetings du Parti pour la Justice et le Développement (AK Parti).
Davutoglu a commenté, dimanche, l’actualité et la campagne électorale en cours, lors d’une émission télévisée diffusée par la chaîne privée turque, TVNET.
«Nous avons annulé quelques meetings après l’attentat d’Ankara, a-t-il rappelé. Mais ceux que nous tenons se font avec une excellente participation et un grand enthousiasme. Mais je tiens à condamner les milieux qui agissent exactement de la manière souhaitée par les terroristes. Ils cherchent à propager la peur et le chaos. Par exemple ce compte Twitter affublé du pseudo de "Fuat Avni", a affirmé que des attentats à la bombe auront lieu lors de nos meetings à Kayseri et Sanliurfa. Ils ont voulu effrayer la population. Mais le peuple n’a pas eu peur.»
Le Premier ministre a également dénoncé les propos du président pour Istanbul du Parti d’Action Nationaliste (MHP) qui a tenu les mêmes propos concernant le grand meeting de dimanche à Istanbul.
«Il a affirmé qu’un attentat allait avoir lieu et que les hôpitaux avaient été vidés pour pouvoir accueillir les blessés, a-t-il rappelé. C’est d’autant plus étonnant venant de la part du MHP, qui prétend faire de la lutte contre le terrorisme sa priorité absolue. Nous constatons que tous sont prêts à tout accepter du moment que l’AK Parti perde des voix. Ce n’est pas de cette manière que doivent agir ceux qui mènent un combat politique pour l’avenir de notre pays.»
Ahmet Davutoglu a estimé que les partis de l’opposition, certains milieux et les organisations terroristes se retrouvent tous autour d'un même objectif : se débarrasser de l’AK Parti.
«Le seul moyen pour ça c’est le vote, a-t-il rappelé. L’AK Parti est un parti. C’est le peuple qui décidera de se débarrasser ou non de ce parti, ou d’un autre. Tous ces partis, qui ne portent même pas l’espoir de gouverner seuls notre pays, se rassemblent pour espérer arriver au pouvoir.»
Le chef du gouvernement a sévèrement critiqué les soutiens de l’organisation parallèle, qu’il a accusée de soutenir ouvertement le Parti Démocratique des Peuples (HDP).
«Cette organisation illégale est en partie responsable de l’augmentation des voix du HDP, a-t-il affirmé. Ils peuvent soutenir qui ils veulent. Mais leur base, nos citoyens qui les soutenaient, ont compris le véritable objectif de cette organisation et ils ont supprimé leurs soutiens.»
D’autre part, le Premier ministre a voulu rappeler que la lutte contre toutes les organisations illégales ou terroristes, se fera de manière démocratique.
«Si les terroristes abandonnent les armes, nous les combattrons sur la scène politique, a-t-il dit. Chacun peut défendre ses idées, même les plus extrêmes, tant qu’elles restent dans le cadre légal et juridique.»
Pour finir, Ahmet Davutoglu a déclaré que certaines puissances mondiales ne veulent pas que la Turquie, dernier pays de la région à tenir debout avec sa démocratie et sa stabilité, demeure un exemple et un espoir pour de nombreux peuples.