Fırat Gazel,Barış Gündoğan
04 Décembre 2015•Mise à jour: 05 Décembre 2015
AA - Ankara/Bakou - Nur Gülsoy
Le conflit syrien doit être résolu rapidement afin de prévenir d'éventuelles nouvelles crises, a déclaré le Premier ministre turc, Ahmet Davutoglu.
Le chef de gouvernement s'est exprimé aux journalistes à son retour vendredi, d'Azerbaïdjan, où il était en visite officielle.
Il a mis en garde contre la possibilité de "nouvelles crises" au sujet de la Syrie, "car plusieurs pays mènent des opérations dans l'espace aérien syrien et il devient de plus en plus difficile d'éviter que les avions ne se nuisent les uns aux autres. Donc la crise syrienne doit être résolue rapidement", a-t-il dit.
Davutoglu a poursuivi: "La crise syrienne touche principalement la Turquie et c'est notre pays qui pourrait contribuer au maximum aux efforts pour une solution en Syrie. Espérons que notre intervention ne soit pas nécessaire."
// Crise Turquie-Russie
Le Premier ministre turc a aussi commenté la tension entre la Turquie et la Russie, depuis le début de la crise de l'avion de chasse russe abattu par Turquie pour avoir violé son espace aérien à la frontière syrienne.
Selon Davutoglu, la Turquie vit une crise avec la Russie parce qu'elle a agi conformément à ses avertissements répétés de "prendre les mesures nécessaires en cas de menace" et que le monde entier a vu que son pays n'hésite pas à faire le nécessaire quand il est menacé.
"Il s'agit de la frontière entre la Turquie et la Syrie. Si des avions turcs, sont invités par l'Etat ukrainien et qu'ils menaient des opérations en Ukraine, en violant l'espace aérien russe, la Russie aurait-elle fait preuve de la même tolérance qu'elle attend maintenant? Je ne dis pas que nous agirons ainsi, mais c'est un exemple pour la comparaison, puisque les Russes déclarent être invités par 'le gouvernement légitime syrien'. Et si celui de l'Ukraine nous invitait?"
Davutoglu a dit, après l'entretien du ministre turc des Affaires étrangères, Mevlut Cavusoglu, avec son homologue russe, Sergueï Lavrov, qu'il n'est pas possible de tout régler en une seule rencontre.
"Il y a une dimension psychologique qui prend le dessus sur les faits réels, a-t-il aussi affirmé sur la crise. Nous devons sortir au plus vite de ce tunnel psychologique bouché."
//Conflit en Syrie
Le chef de gouvernement a aussi commenté la division de la Syrie.
"Par principe, nous ne sommes pas en faveur d'une telle division, a-t-il déclaré. Peut importe qu'ils soient Turcs, Kurdes ou Arabes, cette division sur une base ethnique provoquerait un éloignement entre les communautés. [...] En fin de compte, c'est la Syrie qui en décidera."
Davutoglu a aussi abordé la présence de Daech.
"Nous avons toujours préféré que la zone contrôlée par Daech soit contrôlée par l'opposition modérée que le peuple syrien considère comme son représentant légitime. [...] Tout le monde accepte que la région doit être débarassée de Daech. [...] Tout acte de représailles durant les opérations d'élimination de Daech dans l'ouest de l'Euphrate et à la frontière turque, servirait les intérêts de Daech."