Mehmet Tosun
14 Janvier 2016•Mise à jour: 14 Janvier 2016
AA - Ankara - Ayse Betul Gedikoglu
Le premier ministre turc, Ahmet Davutoglu, a fermement condamné, jeudi, l'explosion d’un véhicule piégé par le PKK, visant le poste de police et les logements réservés au personnel de sécurité situé dans le district Cinar de la province turque de Diyarbakir.
Davutoglu s’est exprimé, jeudi, lors du programme de réforme pour la recherche et le développement préparé par le Conseil de la recherche scientifique et technologique turc (TUBITAK).
Le premier ministre turc a débuté son discours en condamnant avec violence l'explosion survenue mercredi dans la nuit, à Diyarbakir, et qui a causé la mort d'un officier de la police, de cinq civils et blessé 39 autres personnes.
Davutoglu a également dénoncé l’attentat survenue récemment à Istanbul, sur la place Sultanhamet, déclarant: "Le terrorisme cible l'humanité tout entière, comme en témoignent les différents attentats à Paris, à Madrid, à Ankara et Suruc. Nous sommes obligés de mener une lutte commune face au terrorisme sans distinction et de tarir les sources qui l’alimentent."
«La Turquie mènera sa lutte contre le terrorisme sous toutes ses formes, quelle que soit son origine, quelle que soit sa cible, quelle que soit sa visée », a-t-il poursuivi.
Davutoglu s’est, par ailleurs, exprimé au sujet d’une déclaration signée par un groupe d’académiciens s’opposant aux opérations sécuritaires du gouvernement dans le sud-est.
«Etre intellectuel c’est d’abord défendre la démocratie et l’utilisation des voies démocratiques» a-t-il dit.
"Alors que nous combattons le terrorisme, et celui de Daech et celui de cette organisation PKK qui massacre des civils dont un bébé de 5 mois, et assurons la sécurité de nos citoyens, ces académiciens, qui auraient dû faire leur, tout problème de notre pays, préfèrent signer une déclaration qui dénonce notre lutte contre le terrorisme, c'est triste», a-t-il dit, ajoutant encore : «Cette déclaration critique les opérations sécuritaires du gouvernement mais ne retient aucun grief contre l'organisation terroriste du PKK, responsable de la mort d'innombrables personnes.»
Davutoglu a interpelé les académiciens signataires en s'interrogeant: «Peuvent-ils nous montrer un seul Etat démocratique qui autorise la présence d’un groupe armé en dehors des forces de sécurité de l’Etat ?»
Le premier ministre turc s’est notamment adressé à certains académiciens américains ayant signé la déclaration: «Quelle aurait été l’attitude des Etats-Unis, si un groupe faisait des stocks d’armes par exemple, dans certaines villes du Texas ?»
Davutoglu a précisé qu’il est impossible de parler de «paix» sans avoir instaurer l’ordre public.
«Personne n’est en droit de mettre sur un même pieds d'égalité un gouvernement arrivé au pouvoir par des voies démocratiques et une organisation terroriste qui assombrit la vie quotidienne des habitants», a lancé Davutoglu.
Et d'ajouter à l'adresse des académiciens signataires : «Mettre l'organisation terroriste et l'Etat sur le même pied d'égalité, fait-il partie de votre conception de la démocratie ?»
Davutoglu a une nouvelle fois indiqué que personne ne peut autoproclamer un système de gouvernance sans la légitimité des élections et l'aval du parlement, au sujet de la déclaration d'autonomie du Parti Démocratique des Peuples (HDP).
«Personne ne peut utiliser pour cela, une force qui ne vient pas de la légitimité du peuple», a-t-il affirmé.
Le Premier ministre turc a par ailleur présenté les objectifs du programme de réforme pour la recherche et le développement parmi lesquels figurent la volonté d’élever la part de la recherche et du développement à 3% du PIB national, d'ici à 2023.