AA - Ankara - Nur Asena Gülsoy - Lorène Barillot
Le Premier ministre turc a affirmé qu' "il n'allait pas rester indifférent, en tant que Premier ministre, à une opération organisée par un groupe de bandits ou par une organisation qui ont le but de s'emparer de la République turque", lors de son interview sur un programme de télévision conjoint des chaînes turques TRT 1, TRT Haber, TRT Türk et TRT arabe, le soir du 19 mars.
"Vous ne pouvez en aucun cas écouter le Premier ministre, le Président de la République, le Président du Parlement, le Chef de l'Etat Major, les ministres. Si ceux-ci sont mis sur écoute et si on connaît les coupables, alors cela relève d'un crime d'espionnage. Ce n'est pas moi qui le dis, c'est le Droit. Aucun régime démocratique ne permet ces mises sur écoute, et nous allons faire ce qui est nécessaire, vu qu'il s'agit d'espionnage", a expliqué Recep Tayyip Erdoğan.
Selon lui, les mises sur écoute ont une dimension autant internationale que nationale, car il a aussi conversé avec ses ministres sur des sujets qui relèvent des questions internationales de la Turquie.
Le Premier ministre turc a aussi indiqué que "l'organisation parallèle" avait fait des avancées en Turquie tout au long d'un processus de 35 années, et qu'elle admettait légitime tout ce qui était en faveur de ses intérêts. Il a fait remarquer que le désaccord entre son gouvernement et "l'organisation parallèle" avait débuté dès les négociations d'Oslo (dans le cadre du processus de résolution) et qu'il s'était avéré plus net avec le projet de suppression des "dershane", ces écoles quı dispensent des cours de soutien privés.
Erdoğan a aussi commenté la décision de la Cour européenne des Droits de l'Homme sur Abdullah Öcalan, condamné à la réclusion à perpétuité pour haute trahison, en déclarant que "cette décision avait été prise uniquement pour tourmenter la Turquie dans une période délicate".
Concernant les relations internationales, le Premier ministre a affirmé que "la Turquie allait poursuivre sa politique cadrée par des principes", notamment au sujet du conflit en Syrie. Il a rappelé son entretien avec le Président russe pendant les Jeux Olympiques de Sotchi, et a fait remarquer que l'approche de la Turquie face au conflit syrien était différente de celle de l'Iran, de la Russie et de la Chine, car elle prenait plus en compte l'aspect humanitaire.
Erdoğan a assuré que le peuple turc, auquel il fait confiance pour participer au règlement de tous ces problèmes, montrerait ce qu'il pense par son vote le 30 mars, lors des élections municipales. Il a confirmé ce qu'il avait déclaré auparavant : "j'avais dit que je quitterai mon poste de Président Général du parti s'il ne remporte pas ces élections, car chaque chef ou président général, dans la politique, doit avoir un objectif. Quel est cet objectif ? Réussir. Si tu ne réussis, ce n'est pas la peine d'occuper ce fauteuil, tu dois partir."