Hatice Şenses Kurukız,Tuncay Çakmak
22 Novembre 2017•Mise à jour: 22 Novembre 2017
AA - Istanbul - Tuncay Çakmak
Le Président de la République de Turquie, Recep Tayyip Erdogan, a estimé que le Monde Islamique est empêtré dans une phase tumultueuse de division et de discorde visant à le déstabiliser.
Le chef de l’Etat turc s’exprimait, mercredi, lors de la 33ème réunion du Comité permanent Economique et des relations commerciales (ISEDAK) de l’Organisation de la Coopération Islamique (OCI) à Istanbul.
Erdogan s’est particulièrement arrêté sur la situation extrêmement douloureuse dans laquelle se trouve le Monde musulman.
"Il est évident que le Monde Islamique traverse depuis quelques années une période extrêmement tumultueuse, une période disons-le clairement minée par la discorde", a-t-il dit.
"Nos villes qui, pendant des siècles, ont été des centres de science et de civilisations sont aujourd’hui détruites et en pleur. Nos contrées, qui ont par le passé, accueilli les populations venant d’autres régions du monde sont aujourd’hui confrontées aux pleurs des mères qui portent dans leurs bras les corps sans vie de leurs enfants", a-t-il d’abord indiqué.
Il a rappelé le sort tragique des Syriens confrontés à l’horreur de la guerre civile depuis sept ans.
"Un scénario sale, visant à briser l'unité et l'union du monde islamique et à spolier ses richesses et surtout à altérer sa stabilité, est mis en application", a-t-il estimé.
Pour le président turc, les difficultés que rencontrent la majorité des pays musulmans sont la conséquence des politiques des pays occidentaux qui développent des stratégies qui leur permettront de renforcer leur domination dans le monde.
"L'inaction face aux crimes et massacres qui sont perpétrés en Syrie depuis 7 ans, le comportement inhumain contre les migrants aux frontières et le silence observé face au génocide en Arakan, montrent le vrai visage des Occidentaux. La haine de l'Islam, le néo-nazisme et le racisme prennent de plus en plus le dessus sur la démocratie, les droits de l'Homme et les libertés", a-t-il affirmé.
"L'Occident, en exportant toutes ses maladies dans le monde musulman, cherche à garantir son avenir. Nous constatons que toutes les hordes de meurtriers qui composent Daech, Al-Qaida, Boko Haram, le YPG ou encore FETO, ont transformé toute notre région en un bain de sang", a-t-il poursuivi.
Recep Tayyip Erdogan a attiré l’attention sur le rôle joué par les différents groupes terroristes qui menacent la région et le monde musulman.
Il a rappelé que le récent accord entre le PYD/YPG et Daech à Raqqa en Syrie met en lumière les liens sombres entre certains pays occidentaux et ces groupes terroristes.
"Nous ne devons pas permettre que ces hordes d'assassins, dont nous savons aujourd'hui qui en sont les instigateurs, qui les ont alimentés et fait grandir, servent d'outils pour expliquer la haine de l'Islam. Pointer du doigt les organisations terroristes pour accuser l'ensemble des Musulmans et réduire leurs droits les plus fondamentaux, est la preuve que le véritable objectif est tout autre", a-t-il dénoncé.
Face à cela, le président turc a critiqué le comportement et les politiques de certains pays musulmans qui tombent dans le piège des puissances occidentales.
"Qui sont les véritables gagnants des commandes d'armes que les pays musulmans font tous les jours auprès des Occidentaux pour des centaines de milliards de dollars? A qui profite le fait que des frères qui prient cinq fois par jour vers la même direction s'entretuent parfois pour des raisons ethniques, tantôt d'ordre confessionnel ou pour des raisons idéologiques? », s’est in interrogé.
«A qui profite le projet de transformer les frontières de nos pays? Je pense que répondre à ces questions nous permettra d'analyser la situation sous un nouvel angle. Si nous y parvenons, alors nous aurons déjoué ces pièges", a-t-il interpellé.
Le chef de l’Etat turc a, par ailleurs, rappelé que les pays musulmans possèdent de grandes richesses et un potentiel gigantesque.
"Tant du point de vue de la population que des ressources naturelles et géographiques, les pays musulmans sont très riches. L’essentiel est de pouvoir jouir de ces richesses de la meilleure des manières », a-t-il dit.
Notre devoir, a conclu Erdogan, consiste à permettre l’essor économique, technologique et culturel du monde musulman et à proposer ainsi un nouveau modèle.
Il est essentiel que nous renforcions nos coopérations économiques et commerciales pour la prospérité de nos populations. Dans cet objectif, les programmes de l’OCI et de l’ISEDAK sont primordiaux".