Ali Kemal Akan,Ayvaz Çolakoğlu
25 Avril 2017•Mise à jour: 25 Avril 2017
AA - Ankara - Ayvaz Colakoglu
"Ceci est malheureusement le résultat d'une campagne xénophobe, fasciste, anti-turque, islamophobe, contre la Turquie qui se développe. C'est une décision totalement politique, qui ne se base sur aucune réalité".
C'est ainsi que le vice-Premier ministre turc, Numan Kurtulmus, a décrit la résolution de placer la Turquie "sous surveillance politique", prise mardi par l'Assemblée Parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE). Une décision qui ramène Ankara à son statut d'avant 2004.
"Pour la Turquie c'est inacceptable, il s'agit d'une décision de deux poids deux mesures. Nous l'exprimons d'une façon claire", a-t-il réagi.
Cette décision n'est que le résultat du positionnement contre la Turquie de certains milieux politiques, selon Kurtulmus.
"Cette décision est complètement dénuée de sens, c'est une politique du deux poids deux mesures, totalement injuste. Cette décision doit être rectifiée au plus vite" a-t-il insisté.
Le vice-Premier ministre turc a rappelé la place historique de la Turquie en Europe, indiquant que des millions de personnes d'origines turques vivent actuellement dans les pays européens et qu'elles en constituent une frange inextricable de la société.
Kurtulmus a également rappelé le positionnement de certains pays européens pendant la dernière campagne référendaire, notamment la pancarte appelant ouvertement au meurtre d'Erdogan, exhibée en Suisse par les terroristes du PKK lors d'une manifestation hostile à la réforme constitutionnelle, faisant le parallèle avec les propos tenus par un politologue français de l'Institut français des relations internationales (IFRI) qui avait ouvertement appelé, lors d'une émission de la chaîne d’information «BFM TV» à assassiner le chef d’Etat turc pour «sortir de la crise post-référendum».
"Ceci est malheureusement le résultat d'une campagne xénophobe, fasciste, anti-turque, islamophobe, contre la Turquie qui se développe. C'est une décision totalement politique, qui ne se base sur aucune réalité, (...) Cette décision ne sera pas préjudiciable à la Turquie mais plutôt à l'Europe", a-t-il dit.
Kurtukmus a indiqué constater que l'Assemblée Parlementaire du Conseil de l'Europe est submergée par la vague des politiques fascistes, islamophobes, et xénophobes.
"L'Europe doit retrouver ses valeurs d'origine, sa politique rassembleuse. L'Europe doit choisir de coopérer avec les gouvernants élus de la Turquie, seul pays démocratique dans une région en difficulté, au lieu des organisations terroristes. L'essentiel c'est cela. C'est cette position qui sera à l'avantage, aussi bien de la Turquie que de l'Europe", a t-il encore ajouté.
Par ailleurs, Kurtulmus a déploré les critiques émanant des pays et institutions européennes au sujet de l'état d'urgence proclamé en Turquie, indiquant qu'il aurait aimé voir tout ce monde prendre position en faveur de la démocratie face aux putschistes du 15 juillet.