Enes Duran,Ilkay Guder,Tuncay Çakmak
24 Mars 2016•Mise à jour: 24 Mars 2016
AA - Ankara - Tuncay Çakmak
Pour le vice-Premier ministre turc, Yalcin Akdogan, les sécurités d’Ankara, Bruxelles et Paris ne peuvent être traitées de manière indépendante « car le terrorisme vise directement l’humanité et pose un problème pour tous les pays de la planète. »
Akdogan a commenté, mercredi soir, l’actualité de la Turquie et de la scène internationale, notamment en ce qui concerne la question de la lutte contre le terrorisme, lors d’une réunion de la fédération locale du Parti pour la Justice et le développement (AK Parti) à Cankaya/Ankara.
«Le terrorisme vise directement l’Humanité, il constitue donc un problème pour tous, a-t-il affirmé. C’est pourquoi il ne faut pas concevoir la sécurité d’Ankara sans celle de Bruxelles ou de Paris. Il est temps qu’une approche commune et un combat de l’ensemble de la communauté internationale soient affichés.»
Le vice-Premier ministre turc a critiqué la position de certains pays européens qui n’agissent pas contre les organisations terroristes présentes sur leurs sols, si celles-ci ne les prennent pas directement pour cible.
Cette critique fait allusion à la polémique récente sur l’installation d’une tente par les partisans de l’organisation terroriste PKK/PYD au centre de Bruxelles, à deux pas du Conseil Européen.
«Daech est responsable des dernières attaques de Paris et de Bruxelles, a-t-il rappelé. Si Daech récoltait des fonds dans un pays européen, si il y créait une télévision et si il y menait des activités, est-ce que ce pays européen lui ouvrirait grand ses portes ? NON. Le PKK n’est-il pas aussi une organisation terroriste ? L’Union européenne ne le reconnaît-elle pas en tant que tel? Il est temps de mettre fin à ce double standard. La sécurité de la Turquie doit être mieux préservée.»
Toujours sur la question de la lutte contre le terrorisme, Akdogan s’est ensuite exprimé sur la situation au niveau national.
Il est revenu sur le débat sur la levée de l’immunité parlementaire des députés accusés de soutenir le terrorisme.
«Nous ne pouvons tolérer que certains politiciens assurent la promotion de l’organisation terroriste PKK, a-t-il dit en faisant allusion aux députés du Parti Démocratique des Peuples (HDP). C’est pourquoi la proposition de notre Premier ministre Ahmet Davutoglu quant à la levée de l’immunité de tous les députés concernés par un dossier en attente est une occasion à saisir pour rétablir l’honneur et la confiance du parlement.»
Yalcin Akdogan a ensuite abordé l’accord entre la Turquie et l’UE sur la gestion de la crise des réfugiés.
Il a d’abord dénoncé l’inaction de l’Europe pendant des années, abandonnant la Turquie face aux millions de réfugiés qui se sont installés sur son sol, avant de se réveiller quand ces réfugiés se sont dirigés vers l’Europe.
«Avec cet accord, certains affirment que la Turquie va être un dépôt à réfugiés, c’est totalement faux, a-t-il dit. Pour chaque migrant irrégulier réadmis, nous allons envoyer légalement un réfugié en Europe, donc le nombre ne va pas changer.»
Akdogan a aussi rappelé que les 6 milliards d’euros promis par l’UE jusqu'à la fin de 2018 seront totalement consacrés à l’accueil des réfugiés.
«Nous ne voulons plus que des enfants périssent en mer. Avec cet accord nous souhaitons mettre fin à ce drame humain», a-t-il encore dit.
Pour conclure sur un autre sujet, le vice-Premier ministre turc a estimé que la Turquie a besoin de se doter d’une nouvelle constitution civile, plus démocratique, soulignant que le système présidentiel proposé par son parti saura répondre aux enjeux futur du pays.