AA – Ankara – Naz Altinsoy
Le président de l’Assemblée nationale turque, Cemil Cicek a affirmé aux correspondants de l’Agence Anadolu (AA) le jeudi 3 avril, que la décision de la Cour constitutionnelle turque sur la levée du blocage de Twitter était justifiée.
"J’estime que la décision de la Cour constitutionnelle est justifiée", a-t-il déclaré.
Cicek a cependant justifié les récentes décisions prises de blocage d'accès en expliquant la difficulté d’équilibrer les notions de sécurité et de liberté. "Nous avons estimé que la sécurité était importante par essence, a-t-il dit. Souvent, il est impossible de profiter de sa liberté en l’absence de sécurité. Nous avons donc privilégié la sécurité et soutenu la liberté dans la mesure du possible".
Cicek a indiqué que la notion de responsabilité était aussi étroitement liée à la liberté.
“Nombreux sont ceux qui considèrent la liberté comme le droit de faire ce que l'on souhaite, a-t-il affirmé. 'Je suis libre, je peux tout faire', pensent-ils ". Il a ajouté qu’une liberté sans borne n’était acceptée dans aucun pays.
"Les individus qui usent de leur liberté ne doivent pas enfreindre celle des autres, a-t-il précisé. Ils ne doivent pas divulguer leur vie privée, ils doivent respecter leur honneur".
"Malheureusement, Twitter ou une partie des médias sociaux, ne font pas assez attention par rapport à leurs opérations en Turquie », a déclaré le président de l’Assemblée nationale.
Cependant, Cicek a affirmé que les médias sociaux pourraient fonctionner librement dans la mesure du possible à condition qu’ils assument un juste équilibre leurs responsabilités. "Nous devrions tous étudier avec attention cette décision au vu des notions de liberté et de sécurité ", a-t-il dit.
Le président de l’Assemblée a par ailleurs critiqué la Constitution et la législation turque en affirmant que c’était l’œuvre des années ’80, période qui a suivi le coup d’état militaire. "Nous avons essayé d’équilibrer les notions de sécurité et de liberté avec le processus d’adhésion à l’Union européenne, a-t-il dit. Mais nous n’avons pas encore atteint un niveau satisfaisant."