AA – Ankara – Naz Altinsoy
“Si je suis élu, je ne serais pas un président impartial. Il y a deux parties, le peuple et l'Etat. Je serais un président du côté du peuple”, a déclaré mardi le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan.
"J'estime que nous recueillerons non seulement les votes des sympathisants du Parti pour la justice et le développement (AKP) mais également ceux du Parti républicain du peuple (CHP), du Parti d'action nationaliste (MHP) et du Parti démocratique des peuples (HDP)", a-t-il estimé, s’adressant aux députés lors de la réunion du groupe de l'AKP.
Selon Erdogan, les autres partis politiques ont déçu par le choix de leurs candidats. Le Premier ministre a critiqué le CHP et dénonçé l'idée de placer la volonté du Président devant celle du peuple. "Pour élire un président en dehors de la vie politique, ils s’efforcent (l'opposition) de choisir un vase qu'ils posent dans la vitrine de la République de Turquie", a dit Erdogan en allusion aux candidats de l'oppostion et à la conception que cette dernière se fait de la fonction du Président de la République qui n'est pas un décor de la vie politique mais un acteur dont les champs de compétence vont beaucoup évoluer.
En réponse aux critiques qui lui sont adressées concernant son refus de démissionner pendant la campagne présidentielle, Erdogan a dénoncé les "tentatives ridicules", ajoutant que leurs propos ne trouvent aucun écho juridique ou une base légale dans la Constitution.
"D’après la Constitution, une personne doit quitter son parti politique lorsqu’il est élu Président de la République et non pas lorsqu’il annonce sa candidature, a-t-il expliqué, précisant que les procédures suivies sont conformes à la Constitution".
Erdogan a, par ailleurs, dénoncé ceux qui soutiennent l'organisation parallèle, ajoutant que le peuple voit et sait quelles sont les personnes qui ferment les yeux et restent silencieuses face à la trahison".