AA/Niamey/Boureima Balima
La force multinationale du G5 Sahel (Burkina, Mali, Mauritanie, Niger et Tchad) dont le but est de lutter contre le terrorisme, devrait être opérationnelle le mois prochain.
Composée d'environ 5000 hommes, cette force sera dirigée par le général malien Didier Dacko.

Même si chacun des pays engagés aura en charge son propre territoire, trois zones frontalières prioritaires ont été définies pour les opérations conjointes : un fuseau ouest, à la frontière Mauritanie-Mali ; un fuseau centre, aux frontières du Mali, du Niger et du Burkina et un fuseau est, à la frontière entre le Niger et le Tchad.
Le fuseau est, composé des contingents du Tchad et du Niger est « quasi opérationnel », d'après le président nigérien Issoufou Mahamadou.
Les deux pays sont déjà engagés dans la lutte contre Boko Haram dans le Bassin du lac Tchad avec la force Mixte Multinationale (FMM).
Le fuseau centre, le plus grand des fuseaux, est composé des contingents du Niger, du Mali et du Burkina Faso.
Les trois pays sont confrontés à des attaques sur leurs frontières communes. Ils forment également l’Autorité du développement intégré du Liptako-Gourma (ALG), qui, depuis janvier dernier, dispose d'une force conjointe.
Le fuseau ouest est composé des contingents du Mali et de la Mauritanie. Il semble être le "plus faible" dans la mesure où la Mauritanie est peu concernée par les attaques terroristes, d'après des sources militaires.
Porté sur les fonds baptismaux en février 2014 à Nouakchott en Mauritanie, le G5 Sahel est l’une des rares organisations régionales à lier sécurité et développement.
"Notre ambition (...) est de garantir dans nos pays les conditions de paix, de sécurité et de développement durable partout et pour tous", avait déclaré, en février dernier, le président tchadien Idriss Deby Itno, président en exercice du G5 Sahel.
Il s’agira à terme de "Faire des pays du G5 Sahel un espace économiquement intégré, socialement prospère, culturellement riche, où la sécurité et la paix règnent durablement, en se fondant sur l’état de droit, la bonne gouvernance et la démocratie, par la création d’une communauté moderne ouverte à l’innovation et à la technologie, unie, solidaire et tolérante, contribuant efficacement à l’amélioration constante de la qualité de vie de toutes ses populations à tous les niveaux", avait-il encore dit, dans une déclaration dont Anadolu a reçu copie.
Toutefois, cet espace de paix, ne sera permis qu'après neutralisation du fléau qu'est le terrorisme, selon les observateurs politiques.
Face au défi sécuritaire, l'option militaire s'est donc imposée comme réponse régionale.
Le 2 juillet dernier à Bamako (Mali), les dirigeants des pays du G5 Sahel, ont donc acté, sous l'égide du président français Emmanuel Macron, la constitution de cette force anti-terroriste.
La force doit donc démarrer prochainement avec une force de 5000 hommes (1000 par pays) et doubler ses effectifs par la suite.
Toutefois, cette force n'a pas obtenu le soutien de l’ONU puisque le 21 juin, le Conseil de sécurité a adopté une résolution qui "salue" le déploiement de cette force mais sans lui délivrer ni mandat ni fonds.
Environ 400 millions d’euros sont encore nécessaires pour le maintien de cette force. La France a promis 50 millions d’euros à travers du matériel militaire, mais cela ne sera pas suffisant.
D'ailleurs, les présidents nigérien Issoufou Mahamadou, et malien Ibrahim Boubacar Keita ont appelé, mercredi, la communauté internationale, à soutenir financièrement le G5 pour le Sahel qui deviendra « une digue » contre le terrorisme.
« Ce combat que nous menons contre le terrorisme et contre les organisations criminelles, nous le menons non seulement pour protéger nos peuples et nos pays mais il concerne aussi le reste du monde. Parce que si jamais cette digue que nous sommes entrain de construire, cède, le terrorisme qui n’a pas de frontière, ira en Europe, ira aux Etats-Unis, et donc dans le monde entier » avait martelé Issoufou Mahamadou à l'endroit de la communauté internationale.