Nadia Al Chahed
29 Octobre 2015•Mise à jour: 30 Octobre 2015
AA/Bangui/ Sylvestre Krock-Pacôme Pabandji
Deux musulmans ont été tués, jeudi, à Bangui par des présumés anti-Balaka (milice chrétienne), a appris Anadolu d’une source de l'Organisation humanitaire "Médecins sans Frontières" à Bangui.
Les deux Musulmans ont été tués alors qu'ils se trouvaient dans le quartier Fatima, dans le 6ème arrondissement de la capitale, a précisé la même source, qui s'est déplacée sur les lieux.
Contacté par Anadolu, Ousman Abakar, porte-parole des Musulmans du Km5 (principal quartier musulman de Bangui), a expliqué que tout a démarré par le rapt, mercredi soir, du Moto-Taxi d’un conducteur du 6ème arrondissement par des habitants du km5.
Suite à quoi les délégués de moto-taxis du Km5 se sont dirigés vers le 6ème arrondissement afin d'y négocier un terrain d’entente avec leurs confrères dans ce quartier et leur apaiser, selon le porte parole.
C’est alors qu’ils discutaient avec leurs confrères du 6ème arrondissement que les délégués du Km 5 ont été attaqués par un groupe d’hommes armés équipés de machettes, de fusils et d’armes blanches, vraisemblablement des anti-Balaka, qui ont alors tué leur chef et son assistant.
Des musulmans du groupe d'autodéfense du PK5 (quartier musulman de Bangui) ont, pour leur part, répliqué en se déplaçant sur le quartier Fatima ou ils ont tenté d'attaquer des habitants de ce quartier (Fatima), selon la source de MSF.
Les affrontements entre Musulmans et des éléments Anti-Balaka (milice chrétienne) se poursuivaient, encore, jusqu'à jeudi midi, alors que des habitants du quartier Fatima ont commencé à fuir les lieux en masse vers les sites de déplacés les plus proches, a encore appris Anadolu auprès de témoins oculaires.
Selon MSF, le bilan provisoire des accrochages est d’au moins deux morts (les deux musulmans) et de 7 blessés. La même source n'a pas donné plus de détails.
Ces accrochages surviennent alors que la situation sécuritaire en RCA s’est nettement dégradée durant les derniers jours avec un nombre croissant de morts.
Une dégradation déclenchée par l'assassinat, lundi, par des anti-Balaka, de trois responsables de l’Union populaire centrafricaine (UPC - l'une des quatre factions de l'ex-Seleka), dont l’ancien porte-parole de l’ex-Etat-Major de la formation, Ibrahim Ahmadinejad, selon des sources de l'ex-Seleka.