Mohamed Hedi Abidellaoui
25 Mai 2017•Mise à jour: 29 Mai 2017
AA/ Bujumbura/ Nzosaba Jean Bosco
La principale plateforme de l’opposition burundaise en exil réunie au sein du Conseil national pour le respect de l'Accord d'Arusha pour la Paix et la Réconciliation au Burundi et de l'Etat de droit (CNARED ) se dit « très déçue » des résultats du 18eme sommet des chefs d’Etat de la Communauté d’Afrique de l’est (CAE), organisé le 20 mai 2017 à Dar-Es-Salaam en Tanzanie, selon un communiqué cette plateforme, consulté par Anadolu jeudi.
Le CNARED regrette en effet que la CAE reste insensible aux graves violations des droits de l’Homme dont le Burundi est le théâtre depuis deux ans.
« C’est avec une grande consternation que le CNARED a appris les résultats de ce sommet par rapport à la question burundaise. En effet, non seulement les chefs d’Etat n’ont aucunement répondu à notre appel, pour venir en aide au peuple burundais en détresse depuis plus de deux ans, mais ceux-ci ont plutôt apporté leur appui au système criminel de Pierre Nkurunziza et sa clique ».
L’opposition est particulièrement irritée par la demande, par la CAE, de la levée des sanctions de l’UE qui pèsent sur Bujumbura. « En exigeant de l’Union Européenne qu’elle lève les sanctions contre le régime de Bujumbura, au seul motif que le Burundi fait partie de « la famille EAC », qu’il fallait préalablement consulter, le sommet s’est rendu solidaire des violations massives des droits de l’homme commises par le régime de Bujumbura », poursuit le professeur Charles Nditije, président du CNARED.
Au lieu de lever ces sanctions, cette plateforme de l’opposition demande à l’Union Européenne d’évaluer l’évolution de la situation politico-sécuritaire et des violations des droits de l’Homme au Burundi. «Nous sommes sûrs qu’après cette analyse, les sanctions devraient non seulement être maintenues, mais plutôt renforcées et étendues».
Le CNARED demande spécifiquement à l’Union africaine (UA) et à l’Organisation des Nations unies (ONU) de continuer à suivre de près l’évolution de la situation au Burundi, « qui risque de dégénérer dangereusement dans des violences de masses, comme l’indiquent les rapports les plus fiables des organisations de défenses des droits de l’Homme ».
Au cours du 18eme sommet des chefs d’état membres de la Communauté des Etats d’Afrique de l’Est (CAE), le président ougandais Yoweri Museveni, Médiateur dans la crise burundaise et président en exercice de la CAE, a demandé la levée des sanctions que l’UE a prises contre le Burundi.
«Nous ne voulons pas que l'Union européenne prenne des mesures contre un Etat membre sans discussions avec nous», a-t-il déclaré.
Depuis deux ans, le Burundi est en situation de grave crise politique et sécuritaire, née de la décision du président Pierre Nkurunziza de briguer, en avril 2015, un 3ème mandat présidentiel jugé illégal par l’opposition et la société civile.
Les violences consécutives à cette crise ont déjà fait plus d'un millier de morts et poussé plus de 428.000 personnes à fuir le pays, selon le rapport du Haut commissariat des Nations unies les réfugiés (UNHCR, publié le 15 mai 2017.