AA/Bujumbura/Yvan Rukundo
Deux personnes ont été tuées dans la nuit de mardi à mercredi à Kanyosha (au sud de Bujumbura), lors d’affrontements entre des militaires burundais et des hommes armés non identifiés, a indiqué le porte-parole de l’armée burundaise Colonel Gaspard Baratuza.
Un précédent bilan publié par Anadolu plus tôt dans la matinée, et basé sur des témoignages oculaires, faisait état d’au moins un mort durant ces affrontements.
« Deux assaillants ont été tués et trois militaires ont été blessés lors des affrontements», a renseigné le porte-parole lors d’une conférence de presse tenue à Bujumbura.
« Un fusil de type kalashnikov a également été saisi », a-t-il ajouté.
Dans la soirée de mardi, un groupe d’hommes armés a attaqué une position se trouvant sur la colline Kiyenzi, commune Kanyosha, province de Bujumbura. Tandis que les habitants de la localité ont évoqué une présence des Imbonerakure (les jeunes affiliés au parti présidentiel) , Baratuza a balayé «ces allégations».
Le colonel a également affirmé que la situation à Kanyosha est désormais maitrisée et que le calme est revenu.
Un des habitants de la localité, Ernest Kabura, joint par Anadolu aux alentours de 17h00 GMT a évoqué, pour sa part, le renforcement de la présence militaire, et un état de panique au sein de la population.
Ces nouveaux affrontements surviennent au lendemain de l'assassinat, par des inconnus du porte-parole du parti de l'opposition, Union Pour la Démocratie (UPD), Patrice Gahungu et après la découverte de quatre cadavres à Cibitoke, au nord de Bujumbura, une des zones phares de la contestation anti- 3ème mandat du président Pierre Nkurunziza.
Depuis l’annonce de la candidature jugée « inconstitutionnel » de Nkurunziza, le 25 avril dernier, le pays a sombré dans une grave crise politique et sécuritaire faite de manifestations et d'attaques armées perpétrées par des inconnus visant aussi bien les civils que les figures politiques du pays.
Une situation qui s'est par ailleurs soldée par un lourd bilan de plus de 150 morts selon la principale association des droits de l’Homme, APRODH, mais qui n’a pas pour autant dissuader Nkurunziza de briguer un troisième mandat et d'être réélu le 21 juillet 2015.
Cette réélection n'a pas mis un terme aux violences qui continuent de secouer le pays.