Esma Ben Said
19 Août 2016•Mise à jour: 22 Août 2016
AA/Bujumbura/Yvan Rukundo
En raison de la crise politico-sécuritaire qui secoue le Burundi depuis plus d’un an, seuls 60 Burundais accompliront cette année le rituel du cinquième pilier de l’Islam, a indiqué vendredi à Anadolu El Hadj Haruna Nkunduwiga, un des chefs religieux musulmans du pays.
«Alors qu’avant la crise on enregistrait au moins 150 pèlerins chaque année, pour le Hadj, cette fois, tout comme en 2015, au début de la crise, ils seront bien moins nombreux. 60 personnes (68 en 2015), c’est vraiment peu, comparé aux années précédentes» reconnait Nkunduwiga, organisateur du pèlerinage au Burundi.
«Cette baisse du nombre de pèlerins est due évidemment à la conjoncture économique alarmante du pays. Un tel périple exige de mobiliser entre 2 mille et 4 mille dollars par personne. Beaucoup ne peuvent plus se le permettre» ajoute-t-il.
Cette année, les pèlerins partiront en deux groupes : «Le premier groupe s’envolera via l’aéroport International de Bujumbura le 30 août tandis que l’autre partira le 1er septembre. Les retours eux, sont prévus respectivement le 20 et 25 septembre» indique la même source.
En 2015, sur 68 ressortissants burundais ayant effectué le pèlerinage, 1 a perdu la vie (il s'agit de Cheikh Alalahki un pèlerin d’origine indienne et de nationalité burundaise), et 3 ont été portés disparus lors de la bousculade de Mina du 24 septembre, un mouvement qui a causé la mort de plus de 700 personnes.
"Les trois burundais ont finalement été retrouvés" a indiqué le chef religieux.
Au Burundi, les musulmans représentent 5% d’une population constituée d’environ 10 millions d’habitants.