Lassaad Ben Ahmed
24 Octobre 2018•Mise à jour: 25 Octobre 2018
AA / Bujumbura / Jean Bosco
L’ouverture du 5ème round du dialogue inter-burundais, initialement prévue mercredi à Arusha en Tanzanie, a été repoussée à jeudi, a-t-on appris, mercredi, de sources concordantes.
«Les cérémonies d'ouverture de la 5ème session du dialogue inter-burundais prévues ce mercredi à 14h, heure locale (11 heures GMT), ont été reportées par la facilitation. Il n'y a pas eu jusqu'à présent d'explication», a rapporté le journal Iwacu.
Cette information a été confirmée par Anicet Niyonkuru, secrétaire exécutif du CNARED (Conseil National pour le respect de l’Accord d’Arusha pour la Paix et la Réconciliation au Burundi et de l’Etat de droit), principale plateforme de l’opposition en exil, présent à Arusha.
« L’ouverture officielle est repoussé », a-t-il déclaré à la Radio publique, RPA.
Mardi soir, le gouvernement burundais a déclaré qu’il ne participera pas à cette session.
«Il n’y a pas de délégation qui représente le gouvernement du Burundi. Nous avons adressé une note au facilitateur Benjamin Mkapa pour demander que cette session soit reportée et tenue après le mois d’octobre dédié au deuil en mémoire du Prince Louis Rwagasore (héros
de l’indépendance) et Melchior Ndadaye (héros de la démocratie) », a déclaré à la presse Prosper Ntahorwamiye, secrétaire général et porte-parole du Gouvernement.
«Nous n’avons pas encore eu de réponse, donc nous attendons toujours», a ajouté le porte-parole du gouvernement burundais.
Le parti présidentiel et ses partis satellites ont également boudé cette session.
«Nous demandons constamment au gouvernement et à la facilitation de convenir sur les personnes qui prendront part à la session, cela n’a pas encore été fait, c’est pourquoi notre parti n’y prendra pas part », a déclaré Nancy Ninette Mutoni, porte-parole du parti présidentiel, Cndd-Fdd (Conseil national de défense de la démocratie-forces de défense de la démocratie).
«Nous avons décidé de ne pas participer à une sessions à laquelle le gouvernement du Burundi ne participe pas », a déclaré Jacques Bigirimana, président du parti FNL (Front national de libération), proche du parti au pouvoir.
Selon une source à Arusha, les représentants de l’opposition radicale sont déjà présents à Arusha pour cette session. Sont également déjà présents les anciens chefs d’Etat Domitien Ndayizeye et Sylvestre Ntibantunganya.
Le Facilitateur avait convoqué une session de dialogue inter-burundais du 24 au 29 octobre. C’est la première session organisée cette année.
Initié depuis plus de trois ans à Arusha, dans le nord de la Tanzanie, le dialogue inter-burundais jusqu’ici mené sous l’égide de la Communauté est-africaine est au point mort depuis plusieurs mois.
Le quatrième et dernier round des négociations a eu lieu du 27 novembre au 8 décembre dernier.
Bujumbura et ses opposants radicaux avaient laissé en suspens bien des points de divergence, notamment la «levée des mandats d’arrêt et l'amnistie des détenus politiques » et « le dialogue avec les groupes armées».
Depuis plus de trois ans, le Burundi traverse une grave crise politique et sécuritaire, liée au troisième mandat du président Pierre Nkurunziza, qu’il a brigué en 2015, un mandat jugé illégal par l’opposition et la société civile.
Les violences générées par cette crise ont déjà fait plus d'un millier de morts et poussé près de 400.000 personnes à fuir le pays, selon le rapport de l’agence de l’ONU pour les réfugiés (UNHCR) publié le 30 septembre 2018.