Esma Ben Said
10 Décembre 2017•Mise à jour: 10 Décembre 2017
AA/Bujumbura/Jean Bosco
L’opposition radicale burundaise a qualifié, la 4ème session du dialogue inter-burundais qui s’est tenue du 27 novembre au 8 décembre à Arusha (Tanzanie) d’ « échec prévisible », indique une déclaration diffusée samedi soir.
Selon le Conseil National pour le respect de l’Accord d’Arusha pour la Paix et la Réconciliation au Burundi et de l’Etat de droit(CNARED), principale plateforme de l’opposition burundaise en exil, plusieurs facteurs justifient « ce fiasco attendu » au cours duquel aucun accord ni déclaration n'ont été signés.
Il y a notamment, «l’absence d’un agenda clair ; l’annonce de signature d’un accord sans qu’il y ait eu de véritables négociations; la seule collaboration avec le pouvoir de Bujumbura pour désigner les participants, l’absence des parties au conflit pour ne citer que ceux-là», rapporte le document dont Anadolu a reçu copie.
Pour « tenter d’aller vers une véritable sortie de crise », l’opposition promet d’organiser prochainement un Forum citoyen « des forces vives du pays ».
« Le CNARED, en collaboration avec les autres forces vives de la Nation va organiser, dans les jours qui viennent, un FORUM CITOYEN qui permettra à toutes les forces vives du pays désireux d’un Burundi paisible de s’asseoir autour d’une même table afin de dégager la voie adéquate de lutte commune pour sauver le Burundi et son peuple», indique le texte.
En outre, la plateforme interpelle l’ONU à s’impliquer «davantage dans la recherche d’une solution négociée au conflit politique inter burundais en renforçant la Facilitation par une équipe d’experts en la matière à défaut de prendre définitivement cette question en mains », poursuit le document.
Dans l’hypothèse d’un refus obstiné de Bujumbura de dialoguer avec son opposition radicale, la communauté internationale, spécialement les bailleurs de fonds, doivent maintenir «la pression sur le pouvoir de facto de M. Pierre Nkurunziza par des sanctions économiques et un embargo sur les armes », conclut le CNARED.
La 4ème session de dialogue inter-burundais a été organisée du 27 novembre au 8 décembre 2017 à Arusha dans le nord de la Tanzanie. L’opposition radicale n’y a pas été invitée.
Selon les prévisions de la Facilitation, un Accord était attendu le 8 décembre, en présence des chefs d’Etat de la communauté est-africaine. Mais à la fin de la session, le facilitateur Benjamin Mkapa a constaté que plusieurs points de divergences persistaient encore entre les différentes parties prenantes, raison pour laquelle aucun accord n’a été signé à la date prévue.
Dans un document rendu public par le Facilitateur au bout de la session, ce dernier a déclaré que ces divergences persistantes concernent, notamment la « levée des mandats d’arrêt et l'amnistie des détenus politiques » ainsi que « le dialogue avec les groupes armées qui sont disposés à renoncer à la violence et à poursuivre la réinstallation pacifique ».
« Les points de vue divergents nécessitent davantage de concertation entre les parties prenantes, afin qu’une solution globale soit trouvée dans les meilleurs délais à l’impasse politique dans laquelle se trouve le Burundi », a-t-il déclaré en plénière.
Bujumbura n’a pas encore réagi à cette déclaration de ses opposants radicaux.
Depuis près de deux ans, le Burundi traverse de grave crise politique et sécuritaire née de la décision du Président Pierre Nkurunziza de briguer depuis 2015, un 3ème mandat présidentiel jugé illégal par l’opposition et la société civile.
Les violences consécutives à cette crise ont déjà fait plus d'un millier de morts et poussé plus de 420.000 personnes à fuir le pays, selon le rapport de l’agence de l’ONU pour les réfugiés (UNHCR) publié le 23 novembre 2017.