Lassaad Ben Ahmed
02 Avril 2018•Mise à jour: 03 Avril 2018
AA / Bujumbura / Yvan Rukundo
Deux personnes ont été tuées dans une attaque à la grenade, au centre de négoce de Ceru, dans la province de Gitega (centre du Burundi), a fait savoir la police à Anadolu, lundi.
«C’était dimanche vers 20h30, quand un malfaiteur a lancé une grenade dans un bistrot. Bilan : deux morts et 14 blessées», a indiqué Pierre Nkurikiye, porte-parole de la police, joint par Anadolu, notant que les blessées ont été évacuées vers l’Hôpital de Gitega.
Ainsi, il annonce que quatre suspects ont été identifiés, dont deux ont été appréhendés pour enquête.
Cette attaque intervient deux jours avant l’affichage des listes des électeurs pour le référendum constitutionnel et les élections de 2020, une action qui va débuter mardi selon la Commission électorale nationale indépendante (Ceni).
A peine sorti du processus électoral controversé de 2015, le Burundi chemine encore vers deux grands rendez-vous électoraux à savoir un référendum constitutionnel (mai 2018) et des élections générales (2020).
Le 18 mars dernier, la présidence burundaise a annoncé dans un décret que le référendum constitutionnel sera organisé le 17 mai 2018, précisant que "le projet sera adopté si la majorité absolue des suffrages exprimés est obtenue, soit cinquante pour cent plus une voix (50%+1)".
Bujumbura passe à la révision de la Constitution sans attendre les résultats du dialogue extérieur jugé plus indépendant et conduit par la Communauté est-africaine (CAE) sous l’égide du facilitateur Benjamin Mkapa.
De son côté, l’opposition radicale ne cesse de dénoncer ce forcing, arguant que réviser la Constitution sans trouver une solution à la crise actuelle aggraverait la situation.
Pour rappel, la nouvelle constitution à soumettre au vote référendaire en mai prochain apporte, notamment, deux changements majeurs : le mandat présidentiel passe de 5 à 7 ans et il est «renouvelable».
Toute référence à l’Accord d’Arusha pour la paix et la réconciliation au Burundi est gommée.
Signé en août 2000 à Arusha au Nord de la Tanzanie, cet Accord avait pourtant mis fin à une décennie de guerre civile au Burundi. L’actuelle constitution en est l’émanation. Elle limite à deux les mandats présidentiels consécutifs de 5 ans chacun.
Le Burundi est secoué, depuis fin avril 2015, par une grave crise politique et sécuritaire, née de la décision du président Pierre Nkurunziza de briguer un troisième mandat présidentiel jugé illégal par l’opposition et la société civile.
Les violences générées par cette crise ont déjà fait plus d'un millier de morts et poussé plus de 420.000 personnes à fuir le pays, selon un rapport de l’agence de l’ONU pour les réfugiés (UNHCR) publié le 21 mars 2018.