Esma Ben Said
23 Mars 2016•Mise à jour: 24 Mars 2016
AA/ Cotonou (Bénin)/ Serge David Zouémé
Le nouveau président béninois, Patrice Talon, élu au second tour dimanche dernier, avec 65,39 % des voix exprimées, selon les résultats provisoires de la Commission électorale, aura de nombreux défis à relever durant son premier quinquennat, s’il veut incarner «le président du changement».
Ce «roi du Coton», hérite d’un fauteuil présidentiel et de nombreux défis à relever. Alors que la passation du pouvoir est prévue pour le 6 avril prochain, Talon envisage déjà de s’attaquer, dès cette date, à «deux chantiers prioritaires».
Celui qui était arrivé, au volant de son coupé Porsche gris métallisé lors du premier tour, le 6 mars dernier, en chemise blanche et lunettes de soleil, tient à conserver son image d’homme d’affaires. A 58 ans, Il veut «incarner la rupture», selon ses propres termes.
Et pour cela, il compte s’attaquer, en premier lieu, «aux réformes constitutionnelles et surtout au règlement immédiat des dettes intérieures» qu’il évalue à 300 milliards de Francs Cfa (509.84 million USD), selon une déclaration faite lundi soir à la presse, après la proclamation des résultats provisoires.
Le quatrième président de l’ère du renouveau démocratique béninoise (entamée en 1990) a précisé que la dette intérieure du Bénin, l’un des passifs du régime sortant de Boni Yayi, est «énorme» et qu’il faudrait «tout de suite, travailler à la rembourser pour permettre aux opérateurs économiques agissant sur le territoire national de retrouver leur stabilité financière; et à travers eux, de relancer l’économie nationale.»
«Il faut œuvrer à oxygéner le secteur des affaires en épongeant ce que l’Etat doit aux créateurs de richesse que sont les opérateurs économiques», a insisté Talon, grand opérateur du secteur agricole béninois dès les années 1980.
Le second chantier qui préoccupe le nouveau président du Bénin est «l’amorce des réformes constitutionnelles».
Lors de sa campagne présidentielle, Talon a fustigé, à de multiples reprises «la super puissance que confère la Constitution béninoise au chef de l’Etat qui dispose d’une grande marge de pouvoir de nominations et de décisions».
«Nous sommes dans un régime démocratique dont l’un des principes sacro-saint est la séparation des pouvoirs. Il faut donc permettre aux institutions de la République de fonctionner de façon plus autonome, déjà avec cette possibilité qu’elles auront à désigner ou élire à l’interne leurs présidents ou responsables» a déclaré le nouvel élu.
Et d’insister: «Ce sont des chantiers auxquels je pense m’attaquer tout de suite en parfaite intelligence avec l’ensemble des Béninois.»
Le nouveau locataire du Palais de la Marina a, par ailleurs, affirmé qu' il n’y aura pas «de chasse aux sorcières», sous son mandat de cinq ans (2016 - 2021), nuançant tout de même qu’il est «hostile à l’impunité et donc, tous ceux qui se retrouveront dans les liens de la justice, seront traités conformément aux textes de la République.»
A côté de ces chantiers économiques et politiques, Talon sera, de surcroît, appelé à relever les défis du chômage, de la corruption, de la santé et de l’éducation, selon les observateurs politiques.