Lassaad Ben Ahmed
04 Novembre 2020•Mise à jour: 05 Novembre 2020
AA / Yaoundé / Peter Kum
Le juge d'instruction du tribunal militaire de Yaoundé a décidé de placer 9 militants du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) en détention provisoire de six mois, a-t-on appris de sources concordantes, mercredi.
Le tribunal militaire de Yaoundé les a inculpés de « tentative de révolution, rébellion, attroupement aggravé et défaut de carte nationale d'identité ».
Selon une décision signée du juge d'instruction, Bias Joel Albert, et consultée par l'agence Anadolu, "Pour la préservation de l'ordre public, La conservation des preuves et la manifestations rapide et effective de la vérité, il y a lieu d'ordonner la mise en détention des inculpés à la prison centrale de Yaoundé-Kondengué".
"Par ces motifs, ordonnons la mise en détention des susnommés pour une durée de six mois", peut on également lire dans la décision du magistrat.
L'information a été également confirmée par le MRC, mardi dans la soirée.
« Neuf militants du MRC dont deux cadres du parti ( Olivier Bibou Nissack et Alain Fogue Tedom ) ont été condamnés a six mois d'emprisonnement », a annoncé, mardi soir, dans un tweet, le parti de Maurice Kamto, le Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC).
« Ils avaient été discrètement extraits de leur cellule, mardi soir, au secrétariat d'État à la défense, pour le Tribunal militaire de Yaoundé. Leurs avocats n’ont pas été informés de cette audience qui s’est tenue nuitamment au tribunal militaire de Yaoundé », a souligné le porte-parole du MRC, Sostène Medard Lipot.
Fin octobre, 36 autres militants du MRC étaient également envoyés en prison pour la même peine dans le cadre des manifestations du 22 septembre dernier. Les 36 personnes inculpées ont été chargées pour « révolution, rébellion, attroupement », selon Sylvain Souop, du collectif d’avocats de la défense du MRC.
Le 22 septembre, le MRC de l’opposant Kamto, ainsi que d'autres partis politiques de l’opposition ont organisé une marche pour demander le départ du président Paul Biya.
La marche a été réprimée violemment par les forces de l’ordre. Plusieurs dizaines de personnes ont été arrêtées et traduites devant le Tribunal militaire.
Maurice Kamto, leader du MRC, lui, est placée en résidence surveillée depuis le 21 septembre.