Fatma Bendhaou
04 Novembre 2020•Mise à jour: 05 Novembre 2020
AA/ Yaoundé/ Peter Kum
Un enseignant a été pris en embuscade par des séparatistes armés qui l'ont exécuté, mardi, dans une localité du Sud-Ouest anglophone du Cameroun.
« Atingi Gideon, professeur d'histoire, a été abattu par des hommes armés dans la localité d’Ikata, dans le département de Muyuka, dans la région du Sud-Ouest », a indiqué à Anadolu, le gouverneur de la région Bernard Okalia Bilai.
« Les rebelles séparatistes considèrent les enseignants comme collaborateurs de l'administration centrale. Selon eux, le système éducatif actuel est colonial, raison pour laquelle ils s’en prennent aux élèves et aux enseignants », a souligné Ben Frida, inspectrice pédagogique dans le Sud-Ouest.
Les séparatistes s’attaquent régulièrement aux enseignants et aux élèves dans les deux régions anglophones du Nord-Ouest et Sud-Ouest du Cameroun en crise depuis 2017.
Mardi matin, un groupe armé a attaqué une école située à Kumbo dans le Nord-Ouest du pays. Des enseignants et des élèves ont été kidnappés. Les élèves ont, plus tard, été libérés mais les enseignants sont toujours entre les mains de leurs ravisseurs qui demandent le versement d’une rançon.
« Les attaques armées contre les établissements d'enseignement et de santé et contre le personnel humanitaire dans les conflits continuent d’avoir un impact dramatique sur les enfants », a témoigné mardi la Représentante spéciale de l’ONU pour les enfants et les conflits armés, Virginia Gamba.
Elle a évoqué l'attaque contre une école dans la région du Sud-Ouest, la semaine dernière, au Cameroun, durant laquelle plusieurs enfants ont été tués et plusieurs autres blessés.
Selon Virginia Gamba, ces attaques survenues dans des pays touchés par des conflits armés tel que le Cameroun, ont « une fois de plus fait payer le prix fort aux enfants ».
Qu'il s'agisse de forces gouvernementales ou de groupes armés non étatiques, les parties aux conflits doivent assurer la sécurité des écoles et des hôpitaux et ne pas les utiliser à des fins militaires, a souligné la Représentante spéciale de l’ONU.