RDC : 160 morts depuis février dans le Sud-Kivu ( est)
-Selon le Bureau conjoint des Nations Unies aux droits de l’homme (BCNUDH).
Nadia Chahed
11 Août 2020•Mise à jour: 11 Août 2020
Kinshasa
AA / Kinshasa / Pascal Mulegwa
Les violents affrontements entre groupes armés et l’armée congolaise ainsi que les attaques contre des civils dans la région des Hauts Plateaux du Sud-Kivu dans l’Est de la République démocratique du Congo (RDC), y compris contre des villages et camps de déplacés, ont fait au moins 160 morts entre février 2019 et juillet 2020, a indiqué lundi soir, le Bureau conjoint des Nations Unies aux droits de l’homme (BCNUDH).
Une vingtaine de femmes et sept enfants font partie des victimes, selon une note d’information du BCNUDH qui se dit « gravement préoccupé » par les crimes perpétrés dans cette région qui connait depuis plusieurs décennies des cycles de violence inter-communautaire liés à la transhumance et à l’accès à la terre.
Entre février et juin, « 42 femmes et cinq enfants ont été violés, plus de 95 villages, des écoles et des centres de santé ont été incendiés et plus de 110 000 personnes déplacées par ces violences », détaille cette organisation relevant du Haut commissariat de l’ONU aux droits de l’homme, basé à Genève.
Au mois de juillet 2020, au moins 32 autres civils ont été tués dans la zone, dont 15 dans une attaque contre Kipupu et quatre autres villages dans le territoire de Mwenga le 16 juillet, tel que documenté par une mission effectuée sur place avec le soutien de la MONUSCO, rappelle la même source dans sa note.
Pour Leila Zerrougui, Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations Unies et Cheffe de la MONUSCO, la violence « n’est ni une option viable, ni encore moins une solution pour résoudre les griefs qui peuvent exister entre les communautés. ».
« Tous les habitants des Hauts Plateaux doivent s’engager résolument dans la recherche de solutions pacifiques durables qui profitent à toutes les communautés, dans le respect des droits de chacun », a-t-elle déclaré selon des propos rapportés dans la note.
Région frontalière au Burundi, les Hauts Plateaux du Sud-Kivu connait un regain de depuis février 2019 avec la participation de groupes armés étrangers notamment burundais et le recours à des messages de haine propagés par des membres des différentes communautés vivant en RDC ou à l’étranger à travers les discours publics, les médias et les réseaux sociaux.