Nadia Al Chahed
04 Juillet 2016•Mise à jour: 05 Juillet 2016
AA/Bujumbura/Jean Bosco-Yvan Rukundo
Le dialogue inter burundais reprendra du 9 au 12 juillet à Arusha en Tanzanie, a annoncé Macocha Tembele, assistant particulier de Benjamin Mkapa, facilitateur dans la crise burundaise.
Cette annonce a été faite par Tembele, dimanche soir, sur son compte twitter personnel. Aucune indication n’a toutefois été donnée sur les parties qui prendront part à ce nouveau round de concertations.
Le gouvernement burundais a, pour sa part, conditionné sa participation à ces pourparlers par l’exclusion de la plateforme de l’opposition radicale coalisée au sein du Cnared, (Conseil National pour le respect de l'Accord d'Arusha pour la Paix et la Réconciliation au Burundi et de
l'Etat de droit).
Un refus que Bujumbura n’a cessé de réitérer accusant certains éléments de cette plateforme d’avoir tenté un coup d’Etat en mai 2015 et d’être derrière de nombreuses attaques à la grenade dans le pays.
«Nous l’avons déjà dit à plusieurs reprises, le gouvernement burundais est disposé à participer à ce dialogue inclusif organisé sous l’égide de la médiation régionale, mais sans le Cnared, dont plusieurs éléments ont perturbé la sécurité dans le pays», a déclaré à Anadolu Alain Aimé Nyamitwe, ministre des Relations extérieures et de la Coopération internationale.
Le ministre a en outre précisé que le gouvernement reste attaché à l’application des résolutions 2248 et 2279 de l’ONU. Emises respectivement en 2015 et 2016, ces résolutions exhortent le gouvernement burundais à engager rapidement «un dialogue inclusif avec tous les acteurs pacifiques, qu’ils soient au Burundi ou à l’étranger».
Absent au dernier round du dialogue inter burundais tenu du 21 au 24 mai dernier à Arusha, le Cnared espère, cette fois, être de la partie.
«Nous avons récemment rencontré le facilitateur en Belgique et il nous a promis de tout faire pour que notre voix soit entendue, nous attendons une invitation formelle pour aller à Arusha», a déclaré à Anadolu Pancrace Cimpaye, porte-parole de cette plateforme. Ce nouveau round de dialogue survient au moment où le CNARED vient de vivre de nombreux départs qui risquent de "le fragiliser" davantage, selon des sources internes qui ont préféré garder l'anonymat.
A la clôture des concertations tenues du 21 au 23 mai à Arusha le médiateur tanzanien, nommé début mars par la Communauté des Etats d'Afrique de l'Est (EAC), s’était félicité d'une rencontre «fructueuse» et avait, toutefois, regretté l'absence de certains acteurs.
Le CNARED avait refusé en mai de prendre part au dialogue, arguant de l'absence d'invitation officielle. La médiation est-africaine avait toutefois invité quelques structures membres de la plateforme, dont une partie a répondu à l'appel, malgré la position officielle du Cnared.
Le Burundi a sombré, depuis plus d'un an, dans une grave crise politico-sécuritaire, née du refus d'une grande partie de la scène politique de la candidature jugée «anticonstitutionnelle» du président Pierre Nkurunziza.
Cette crise et les violences qu'elle a générées ont fait plus de 700 morts et poussé près de 274 mille personnes à quitter le pays, selon le dernier rapport du Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés daté du 21 avril 2016.