Lassaad Ben Ahmed
25 Septembre 2017•Mise à jour: 25 Septembre 2017
AA/Istanbul/ Cécile Durmaz
A la suite du dépôt d’une plainte, avec constitution de partie civile, déposée en juin par plusieurs associations contre BNP Paribas, le parquet de Paris a confirmé, lundi, l'ouverture d'une information judiciaire datant du 22 août.
La banque est accusée de complicité de crimes contre l’Humanité, pour avoir passé outre l’embargo de l’ONU en autorisant en 1994 un transfert d’argent ayant servi à l’achat de 80 tonnes d’armes et de munitions. L’équipement avait été livré aux auteurs du génocide perpétré contre les Tutsis.
Déjà en juin, le site d’information RFI Afrique déclarait que, «selon les associations, BNP ne pouvait pas ignorer les intentions des autorités rwandaises, pour qui elles ont autorisé le transfert d'argent. D'ailleurs à la même période, d'autres banques ont refusé de débloquer l'argent rwandais. C'est le cas par exemple du groupe belge Banque Bruxelles Lambert, cité dans la plainte. Le groupe explique que le milieu bancaire avait une parfaite connaissance des exactions en cours au Rwanda (...).»
D’après une source proche du dossier, c'est le juge Alexandre Baillon, du pôle crimes contre l'humanité, qui a été désigné pour conduire l'instruction.
Interrogée par des médias français, une porte-parole de BNP Paribas, a déclaré : «Il s'agit simplement de la suite mécanique et obligatoire de la procédure dans le cadre d'un dépôt de plainte de ce type. Cela ne constitue en aucun cas un développement nouveau. La banque n'a été informée que par voie médiatique de cette plainte, dont elle ne connaît pas la substance.»