Nadia Chahed
04 Août 2017•Mise à jour: 04 Août 2017
AA/Bujumbura/Jean Bosco
Plus de vingt personnes ont été blessées après une révolte de détenus, dans la prison de Rumonge située à 70 km de Bujumbura, dans le sud du Burundi, a annoncé vendredi le porte-parole du ministère de la Sécurité publique burundais, Pierre Nkurikiye.
"Jeudi, un groupe de prisonniers qui se plaignaient d'avoir reçu une quantité insuffisante de nourriture ont attaqué les cuisiniers et les gardes au sein de la prison", a déclaré à la presse Pierre Nkurikiye.
"Il s’en est suivie une bagarre jusque tard dans la soirée, les policiers ont dû tirer en l’air pour ramener le calme mais 21 personnes dont un colonel détenu et un policier, ont été blessées", a-t-il dit sans préciser le degré de gravité des blessures.
"Certains prisonniers voulaient profiter de la confusion pour s’échapper de la prison, les policiers les en ont empêchés en tirant en l’air", a-t-il encore ajouté.
Le porte-parole a par ailleurs déclaré que les détenus se sont révoltés au lendemain d’une visite des agents du Comité international de la Croix Rouge (CICR) au sein de la prison.
"Avant-hier, des agents du CICR avaient effectué une visite dans la prison pour distribuer du riz et des haricots; ils ont expliqué aux détenus la quantité de nourriture qui leur est due, d’où la révolte de jeudi contre les cuisiniers", poursuit-il sans fournir de détail sur les portions octroyées aux prisonniers.
Le gouverneur de Rumonge, Juvénal Bigirimana et le commissaire provincial de la police, Donatien Manirakiza, ont organisé une réunion
au sein de la prison vendredi "pour calmer la situation".
Ils ont notamment prévu de transférer certains prisonniers dans d’autres cachots du pays et de renforcer la garde, a appris Anadolu de source sécuritaire.
Le nombre de prisonniers burundais est estimé à 10 mille personnes (pour une population oscillant autour de 10 millions) éparpillés dans quatre principaux centres de détentions à savoir Bujumbura, Rumonge (sud), Ngozi (nord), Gitega (centre) et Rutana ( sud-est).
La plupart d’entre eux sont des personnes arrêtées au cours de la crise politique et sécuritaire qui secoue le pays depuis fin avril 2015 après une décision du pésident Pierre Nkurunziza de briguer un 3 ème mandat présidentiel jugé illégal par l’opposition et la société civile.