Nadia Chahed
10 Octobre 2017•Mise à jour: 11 Octobre 2017
AA/ Lomé/ Alphonse Logo
L’opposition togolaise a annoncé mardi qu’elle ne rencontrera pas la mission de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) attendue dans la capitale togolaise du 10 au 13 Octobre pour tenter de trouver une issue à la crise politique que traverse le pays.
Cette déclaration a été faite lors d’une conférence de presse conjointe des forces de l'opposition (CAP2015, Groupe des Six, PNP, CAR, Santé du Peuple), a rapporté le correpondant d'Anadolu.
« Nous ne rencontrerons pas les membres de cette mission, pas parce que nous avons un problème avec l’OIF, mais du fait du rôle trouble que la cheffe de mission Mme Aïchatou Mindaoudou Souleymane a joué dans la crise politique que le Togo a connu en 2005 », a indiqué Brigitte Kafui Adjamagbo-Johnson, président de CAP 2015.
« Nous ne voulons pas qu’on nous prenne pour caution pour servir des intérêts contraires à ceux du peuple togolais. Le peuple demande un retour à la constitution de 1992, rien d’autre », a-t-elle poursuivi.
Aïchatou Mindaoudou Souleymane qui devrait conduire la délégation de l’OIF a Lomé, était ministre des Affaires étrangères du Niger(2005), et présidente de la conférence des ministres de la CEDEAO (Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest), s’était entretenue à plusieurs reprises avec l’opposition togolaise lors de la grave crise socio politique qui a suivi la mort de Gnassingbé Eyadema ( février 2005) après 38 ans de pouvoir.
A cette époque l’armée a décidé de confier le pouvoir à Faure Gnassingbé, l’actuel chef de l’état. Ce que l’opposition a fortement contesté. Les manifestations ont tourné à l’affrontement avec un bilan de 500 morts selon une enquête des Nations unies, 1000 selon la Ligue Togolaise des Droits de l’Homme ( LTDH).
L’opposition accuse Mindaoudou d’avoir pris position pour le camp de Faure Gnassingbé, de connivence avec l’ancien président nigérien Mamadou Tandja.
Hier sous le sceau de la CEDEAO, aujourd’hui sous celui de la Francophonie, l’opposition togolaise estime que Mindaoudou ne saurait changer et donc refuse de la rencontrer.
L’opposition togolaise a, annoncé, lors de la même conférence, une marche pour le mercredi 18 Octobre prochain devant le siège de la CEDEAO, afin de dénoncer l’appel lancé par cette organistaion régionale "de fixer au plus vite la date du référendum constitutionnel"
Selon un communiqué de l’OIF aAïchatou Mindaoudou et ses collègues se déplaceront à Lomé pour « analyser le contexte sociopolitique global togolais et identifier les secteurs pour lesquels l’action de la francophonie pourrait être utile a cette étape ».
Dans cette perspective, la délégation de la francophonie devrait rencontrer « les autorités nationales, l’ensemble des acteurs politiques et la société civile, les responsables des institutions impliques dans la vie démocratique ainsi que les partenaires bilatéraux et multilatéraux ».