Nadia Chahed
20 Juin 2017•Mise à jour: 20 Juin 2017
AA/Kinshasa/Pascal Mulegwa
Kinshasa a refusé, mardi, le déploiement d'experts onusiens sur son territoire pour enquêter sur les violences dans la région du Kasaï (centre), tel que exigé par le Haut commissariat des Nations Unies aux droits de l'Homme.
« La RDC […] n’est pas disposée à accepter l’idée du déploiement sur son territoire d’une commission d’enquête internationale qui travaillerait en vase clos et parallèlement aux instances judiciaires nationales comme si la RDC était devenue un Etat néant, c’est totalement exclu », a déclaré le porte-parole du Gouvernement congolais, Lambert Mende, lors d'une conférence de presse.
Affirmant que Kinshasa apprécie la collaboration des Nations-Unies dans la lutte contre les graves violations des droits de l’homme, il a souligné que seule la feuille de route proposée en mai dernier par Kinshasa demeure la base des discussions sur une éventuelle collaboration.
Kinshasa avait annoncé qu'elle était disposée à collaborer avec l'ONU à condition de diriger l'enquête.
Mende a présenté, lors de la même conférence un « livre blanc » sur les violences dans le Kasaï qui ont fait plus de 500 morts et forcé plus 1,3 million personnes au déplacement interne, selon les Nations-Unies.
Subdivisé en neuf chapitres, ce livre blanc se donne pour objectif de « rétablir la vérité sur les événements dramatiques qui ont endeuillés la RDC et rendre justice à toutes les victimes des barbaries », a précisé Mende, soulignant qu’il témoigne en outre du caractère « terroriste du mode opératoire » des miliciens de Kamwina Nsapu ( un chef coutumier tué par la police en août dernier-ndlr).
Début Juin, le haut commissaire de l’ONU aux droits de l'Homme, Zeid Ra'ad Al Hussein, avait demandé l’ouverture d’une enquête internationale sur les violences et les violations en tout genre dans la région du Kasaï, notant que la situation était « grave » dans cette province et qu’elle continuait « à se détériorer », se propageant dans d'autres provinces et à travers la frontière avec l'Angola.
Les violences sanglantes qui déchirent la région du Kasaï mettent face à face les forces congolaises et les miliciens de Kamwina Nsapu, le chef traditionnel qui réclamait son droit de règne sur une localité dans le Kasaï-central.