AA/Bujumbura/Jean Bosco
Seul le parti au pouvoir s'est dit "satisfait" des résultats provisoires des Législatives burundaises, publiés, mardi par la Commission électorale (CENI),selon lesquelles, il remporte 77 des sièges à l’Assemblée nationale.
"Nous sommes contents même si nous aurions aimé avoir encore plus de sièges", a déclaré, mercredi, à Anadolu Pascal Nyabenda, président du parti présidentiel, Conseil national de défense de la démocratie-Forces de défense de la démocratie (Cndd-Fdd).
De son côté, l’aile reconnue par le ministère de l’Intérieur du parti Union pour le progrès national (Uprona-opposition), qui a obtenu deux sièges, considère que la CENI, n’a pas respecté le Code électoral dans le processus de distribution des sièges.
Contacté par Anadolu, Gaston Sindimwo, secrétaire général du parti Uprona explique que "pour calculer le quota électoral, la CENI s’est basée seulement sur le nombre de voix qui ont voté alors que l’article 137 du code électoral stipule que toutes les voix, y compris les abstentions doivent être prises en compte pour déterminer le nombre de sièges qui reviennent à chaque liste". Il a, en outre, déclaré que son parti portera plainte auprès de la Cour constitutionnelle.
L’opposition radicale estime, quant à elle, que les résultats publiés par la Ceni ne peuvent être acceptés dans la mesure où il s'agit d'élections "non crédibles, organisées suivant un calendrier non consensuel, sans médias indépendants, sans observateurs indépendants", relève dans une déclaration à Anadolu, Agathon Rwasa, un des leaders de l’opposition et président de l’aile non reconnue par le pouvoir du parti Front de Libération national (FNL).
Avant de se désister et de se retirer du processus électoral, Agathon Rwasa, avait rejoint la Coalition d’opposition des Indépendants de l’Espoir, aux côtés de Charles Nditije, un autre leader de l’aile non officielle de l’Uprona.
Selon les résultats provisoires diffusés, mardi par la Céni, le parti au pouvoir au Burundi, le CNDD-FDD, a remporté, 77 des 100 sièges à l’Assemblée nationale, lors des élections législatives du 29 juin, boycotté par l’opposition et la société civile.
La coalition d’opposition des Indépendants de l’Espoir, dirigée par les opposants Agathon Rwasa et Charles Nditije qui avait annoncé le boycott du scrutin législatif a obtenu, quant à elle, 21 sièges. La Commission électorale nationale indépendante "Céni" a affirmé n’avoir jamais reçu de requête formelle pour retirer les listes des candidats.
Le parti d'opposition allié au CNDD-FDD, Uprona, a quant à lui obtenu deux sièges.
Selon la Céni, le taux de participation aux législatives a été de 74.32%.
C'est dans un climat tendu et chaotique que plus de trois millions de Burundais ont été appelés aux urnes, le 29 juin dernier, pour élire 100 députés et des conseillers communaux, à raison de 15 conseillers par commune.
L'opposition et la société civile avaient appelé, la semaine précédant les élections, les Burundais à boycotter les élections tant que le président Pierre Nkurunziza n'aura pas renoncé à une troisième candidature "anti-constitutionnelle".