Lassaad Ben Ahmed
29 Octobre 2017•Mise à jour: 30 Octobre 2017
AA/Bujumbura/Jean Bosco
«Plus de 76 cas d’assassinats au Burundi au cours du troisième trimestre 2017» ont été recensés, a déclaré l’ONG SOS-Torture/Burundi dans un rapport publié samedi et dont Anadolu a reçu une copie.
A tous ces cas d’assassinats s’ajoutent plusieurs cas d’arrestations arbitraires et de tortues. «Plus de 76 assassinats ont été signalés, 309 arrestations arbitraires, 24 cas de torture, un enlèvement et une disparition forcée», indique cette organisation burundaise de défense des droits de l’homme.
«Des dizaines de corps aux bras ligotés derrière le dos, ont été retrouvés dans des rivières ou en terrain vague, et dans la majorité des cas, ces victimes ne sont pas reconnues, autour du lieu où elles ont été trouvées. Et sans attendre l’identification, l’administration se hâte d’ordonner l’enterrement», poursuit le document.
Selon le rapport, ces abus sont imputés à certains éléments de la police ou de la ligue des jeunes du parti présidentiel.
«Ces différents abus sont commis concurremment par la Police Nationale du Burundi (PNB), le Service National de Renseignement (SNR), et les miliciens Imbonerakure (jeunes militants du parti au pouvoir)…d’autres abus sont le fait d’individus non identifiés qui le restent, bénéficiant ainsi d’une totale impunité».
Ainsi, estime SOS-Torture/Burundi, entre le discours officiel des autorités burundaises qui se veut rassurant et la situation sécuritaire sur terrain, il n’y a pas photo.
«Nonobstant d’incessants discours officiels sur le retour du pays à la normale, le Burundi reste caractérisé par des violations graves et souvent d'une brutalité extrême, en particulier, des exécutions extrajudiciaires, des arrestations et détentions arbitraires, des disparitions forcées, des actes de torture et autres traitements cruels, inhumains ou dégradants, et des violences sexuelle».
Pour changer la situation, l'ONG demande au gouvernement burundais de «garantir la sécurité et la protection de la population» et de «s’engager dans un dialogue inclusif et authentique afin de trouver
une solution pacifique durable à la crise».
Elle demande, en outre, à la communauté internationale d’assurer «la mise en œuvre des résolutions prises sur le Burundi par le Conseil des droits de l’homme lors de sa 36ème session, en septembre 2017» et de «prendre des mesures appropriées pour engager les autorités burundaises à collaborer pleinement avec les mécanismes des Nations Unies et la CPI».
Mais les autorités ne réagissent pas.
Depuis plus d’une année, SOS-Torture/Burundi informe l’opinion nationale et internationale sur les graves violations des droits de l’homme, en cours, au Burundi, à travers des rapports de monitoring notamment sur la torture, les arrestations arbitraires, les disparitions forcées, les violences sexuelles et les exécutions sommaires.
Le Burundi a plongé dans une grave crise, émaillée de violences, depuis l'annonce en avril 2015, par le président Pierre Nkurunziza, de sa candidature officielle pour un troisième mandat jugé «non-constitutionnel» par l’opposition et la société civile.
Ces violences ont fait plus d'un millier de morts et poussé plus de 400 000 personnes à fuir le pays, d'après l’ONU et des ONG de défense des droits de l’Homme.