Wejden Jlassi
10 Décembre 2020•Mise à jour: 10 Décembre 2020
AA/Washington
Ghada Oweis, célèbre journaliste de la chaîne qatarie Al-Jazeera, a intenté une action en justice contre le prince héritier saoudien Mohammed bin Salmane, le prince héritier d'Abou Dhabi Mohammed bin Zayed ainsi que plusieurs autres responsables politiques et personnalités officielles, accusés d'avoir lancé à son encontre une vaste opération de piratage ayant entraîné une fuite de ses données personnelles.
"Il y a six mois, Bin Salmane et Bin Zayed croyaient qu'ils pouvaient me faire taire en piratant mon téléphone. Ils ont volé mes photos privées avant de les publier avec des allégations mensongères misogynes," a-t-elle écrit, mercredi, dans une série de tweets.
Oweis, qui présentait des bulletins d'information et des émissions d'actualité diffusées sur Al Jazeera, a souligné que le prince saoudien doit assumer les conséquences de ses actes commis au cours de ces derniers mois.
"Aujourd'hui, je porte plainte à l'encontre du prince héritier saoudien et ses partisans. Il est temps que tous les dirigeants tyranniques sachent qu'ils ne sont pas à l'abri et que personne n'est au-dessus de la loi. Il ne s'agit pas d'un simple différend personnel. C'est une affaire qui concerne toutes les personnes qui n'arrivent pas à dénoncer l'injustice, a-t-elle ajouté.
Il convient de rappeler, en ce sens que le «Washington Post» a publié au cours de cette année, une tribune de la journaliste d'Al Jazeera dans laquelle elle détaillait une opération de piratage avec des liens présumés avec des responsables saoudiens et émiratis.
L'opération a entrainé la fuite de données personnelles et de photos privées de ladite journaliste en maillot de bain, publiées par la suite sur Twitter.
Oweis a estimé que ses critiques continues des gouvernements d'Arabie saoudite et des Émirats arabes unis sont à l'origine de cette opération, à travers laquelle ces deux pays adressent un message de menace aux journalistes du Moyen-Orient.
A noter que les gouvernements saoudien et émirati n'ont, jusqu'à présent, émis aucun commentaire concernant les accusations susmentionnées.
*Traduit de l'arabe par Wejden Jlassi