Mourad Belhaj
09 Novembre 2019•Mise à jour: 10 Novembre 2019
AA / Bagdad / Amer al-Hassani
Quinze manifestants irakiens ont souffert d’asphyxie, samedi, suite à l’usage de grenades à gaz lacrymogène par les forces de sécurité, pour disperser des manifestants dans le centre de Bagdad.
Selon le correspondant d’Anadolu, la police anti-émeute a dispersé des manifestants dans la rue al-Rashid, dans le centre de Bagdad, à l'aide de gaz lacrymogène, ce qui a causé des cas d’asphyxie chez 15 manifestants.
"Les forces de sécurité ont tiré des gaz lacrymogènes pour disperser les manifestants qui tentaient de s'approcher du pont d’Al-Sinak, menant à la zone verte fortifiée", a déclaré à Anadolu une source de sécurité.
Il a ajouté que "les forces de sécurité ont intensifié leur présence sur les ponts d'Al-Sinak et d'Al-Jumhuriya et aux alentours, pour faire face à toute situation d'urgence".
Les ponts Al-Sinak et Al-Jumhuriya séparent les manifestants de la place Tahrir de la Zone verte, qui abrite les bâtiments du gouvernement et les missions diplomatiques étrangères.
L’Irak est, depuis le 25 octobre, le théâtre de manifestations antigouvernementales, les deuxièmes du genre en deux semaines.
Selon les chiffres publiés par la commission des droits de l'homme (relevant du Parlement), 23 personnes ont été tuées dans les violences qui ont accompagné les manifestations des cinq derniers jours, portant à 283 le nombre de morts et à environ 13 000 le nombre des blessées.
Les manifestants, qui réclamaient initialement de meilleurs services et de meilleurs emplois, appellent maintenant au départ du gouvernement et de l'élite politique "corrompue". Des demandes qui sont rejetées par le Premier ministre, Adel Abdel Mahdi, qui exige qu’une alternative sérieuses soit proposée avant la démission de son gouvernement.