Mourad Belhaj
09 Novembre 2019•Mise à jour: 10 Novembre 2019
AA / Raya Shartouni / Beyrouth
soixante pour cent des stations-service du Liban sont à court de carburant, ont annoncé samedi des distributeurs locaux.
"Seules 40% des stations-service continuent à vendre", a déclaré à Anadolu Fadi Abu Shakra, représentant des sociétés de distribution d'hydrocarbures.
Il a indiqué que " les stations de service ont fermé, vendredi soir, dans plusieurs régions du pays".
Abu Shakra a souligné que la quantité de carburant sur les marchés ne suffit que pour deux jours.
Selon lui, le principal problème est que "les entreprises ne pourront pas importer de nouvelles quantités, car les banques ont refusé d'ouvrir des crédits en dollars, selon le mécanisme convenu avec la Banque centrale du Liban".
Vendredi, le président Michel Aoun a appelé à une réunion bancaire, samedi, au palais présidentiel de Baabda, à l'est de Beyrouth, afin de se pencher sur la situation financière du pays.
Selon les médias locaux, la réunion comprendra le gouverneur de la Banque du Liban, Riad Salameh, le président de l'Association des banques, Salim Sfeir, et les membres du conseil d'administration de l'association.
Après plus de 20 jours de manifestations, la crise semble en être toujours au Statu quo, chaque partie demeurant ferme sur ses positions, face aux craintes d'une nouvelle détérioration de la situation, dans un pays qui connaît la pire crise économique depuis la guerre civile de 1975-1990.
Alors que Saad Hariri a présenté la démission de son gouvernement le 29 octobre, le reste de la classe dirigeante campe sur ses positions, alors que le président Aoun promet de veiller à l’établissement d’un État civil, de réformer l'économie et de lutter contre la corruption en lançant des investigations "qui n'exclueront aucun responsable".
Mais les manifestants insistent pour que l’ensemble de la classe dirigeante quitte le pouvoir et font pression en coupant des routes et en assiégeant les institutions gouvernementales, pour réaliser le reste de leurs revendications, notamment la formation d'un gouvernement de technocrates restreint, l’organisation d’élections anticipées, traduire tous les corrompus en justice et lever le secret bancaires sur les comptes des politiciens.