AA/Melbourne-Jakarta/Khadija Al Zogami
Le Premier ministre australien, Tony Abbott, a refusé, vendredi, de commenter des informations diffusées par des médias, indiquant que la marine de son pays a payé des trafiquants d'êtres humains, afin qu’ils ramènent un bateau chargé de migrants clandestins dans les eaux indonésiennes.
Abbott a déclaré, vendredi, sur les ondes de la radio locale «3AW» : «Nous ne faisons pas de commentaires sur les questions opérationnelles. Nous sommes déterminés à veiller à ce que les bateaux illégaux n’atteignent pas l'Australie».
Il a ajouté: «L'Australie fera tout ce qui est nécessaire et raisonnable pour protéger le pays contre la traite des êtres humains, et les effets dévastateurs de ce commerce, qui coûte des vies».
Il a poursuivi: «Ce que nous faisons, c’est arrêter ces bateaux par tous les moyens, c’est ce que nous avons réussi à faire. Et nous ne voulons pas dire de quelle manière nous l'avons fait».
La veille, le porte-parole du ministère indonésien des Affaires étrangères, Armanatha Nasir, avait déclaré que son département «attend les résultats d’une enquête sur des allégations selon lesquelles deux bateaux, transportant 65 migrants illégaux, sont arrivés dans les eaux australiennes en mai dernier. Puis chacun des membres de leur équipage a reçu cinq mille de dollars, pour sortir les embarcations en question des eaux australiennes».
Le porte-parole du ministère indonésien a souligné que son pays envisagerait d'autres mesures si les allégations s’avèrent justes. Dans ce cas, selon le responsable, l’Indonésie envisagerait d’adresser à l’Australie une note de protestation, ou de convoquer l’ambassadeur australien, à Jakarta.
Tony Abott a été premier ministre, en Australie, en 2013. Il s’était engagé à faire cesser le flux des bateaux de migrants clandestins et de demandeurs d’asile qui tentent de rejoindre son pays en passant par l’Indonésie.
L’Australie détient les demandeurs d’asile dans des centres de détention souvent installés sur des îles à des centaines de kilomètres des côtes australiennes.
Le journal australien "The Sydney Morning Herald" avait affirmé, mercredi que le bateau qui suscite la polémique transportait 65 personnes dont des Bengalis, des Sri Lankais et des Rohingyas, qui voulaient demander l’asile à la Nouvelle-Zélande. Mais la marine australienne et les responsables des douanes les ont interceptés en mai dernier.